QPV#9 Intégration

Cette enquête a été adressée le 25 sept. 2018 aux étudiants francophones du programme Grande École. Un grand merci aux 552 votants. Pour information, le formulaire-type est disponible ici.

Quelques chiffres à retenir pour briller en société

  • 40% des sondés ont apprécié la descente au lac1, voire ne l’ont pas trouvé assez dure (pour 8%). Syndrome de Stockholm.
  • Seuls 10% des sondés se disent pleinement satisfaits d’avoir dépensé 50€ pour attirer au WEI une guest star (Black M en 2018, Kaaris en 2017). M’en bats les couilles, frère.
  • Avec 30% des sondés se disant nettement plus intégrés à HEC à la suite du processus d’intégration, le BDE Breaking Dead fait nettement mieux que tous ses prédécesseurs (ex: 14% pour le BDE Million Cigar Baby). Eh mercé.
  • A contrario, le sondage indique que le WEI des actuels L3 a été le moins bien organisé, 82% des sondés s’exprimant déçus. Emmenez-moi à un meilleur WEI.
  • 42% des filles ont boycotté la descente au lac contre 27% des garçons. Le bizutage, c’est masculin.
  • 34% des étudiants issus des grandes prépas privées se disent satisfaits par le processus d’intégration à HEC, contre 26% de ceux issus de grandes prépas publiques, et 20% de ceux issus d’autres prépas provinciales ou à l’étranger. Privilège.
  • La semaine d’inté (15%) et le WEI (6%) ne reviennent que très rarement parmi les meilleurs facteurs d’intégration à HEC. Tout ça pour ça…

Résultats globaux

Nous rappelons que – comme pour tous nos sondages – les échelles de satisfaction vont de 1 à 5. Par conséquent, la moyenne n’est pas à 2,5/5 mais à 3/5. L’analyse doit prendre en compte cette particularité.

Analyse générale

Le processus d’intégration à HEC semble globalement mi-figue, mi-raisin. Son caractère a priori assez policé le conduit en effet à ne pas susciter de farouche opposition, mais il semble clairement manquer quelque chose. À la grande majorité des questions de satisfaction, ce sont les notes intermédiaires comprises entre 2 et 4/5 qui sont les plus données : il n’y a donc pas un phénomène d’emballement, de hype sur un élément particulier de l’intégration.

La semaine d’inté, une tradition importante ?

Si beaucoup d’élèves semblent avoir eu à coeur de commencer du bon pied leur aventure dans le monde merveilleux du Josas, il semble manquer quelque chose à la semaine d’inté pour impliquer véritablement les étudiants dans leur groupe (seuls 5% se sont dits très impliqués). Cela est certainement imputable au principe même des groupes d’inté, dans lesquels on se retrouve répartis aléatoirement avec d’autres élèves de la promotion, ce qui peut en intimider plus d’un. La mise en contact avec les autres membres du groupe, et une forme de timidité initiale peuvent expliquer que la plupart des étudiants rechignent à s’impliquer pleinement dans ce projet. Le choix d’axer principalement les jeux d’inté sur une liste de défis, et seulement marginalement sur les activités que sont le tournoi de sport et les jeux d’inté a peut-être aussi quelque chose à voir avec ce relatif désinvestissement

Plus inquiétant en revanche pour les différents BDE, un taux élevé (un cinquième) d’élèves qui ne s’impliquent pas du tout dans les groupes d’inté. Si les raisons, au-delà de la timidité, peuvent être nombreuses, une certaine peur d’un bizutage bien souvent exagéré par les médias est certainement une partie de l’explication de cette statistique étonnante. A charge donc aux prochains BDE de trouver les moyens de rassurer ce cinquième d’étudiants qui refusent le processus d’intégration, dans lequel aucun bizutage et aucune consommation d’alcool n’est obligatoire.

Les jeux d’inté, véritable institution (87% de taux de présence parmi les sondés !) semblent plaire à la masse, avec une note de satisfaction médiane de 4/5, alors que la partie optionnelle de « bizutage » de la descente au lac, boycottée par beaucoup (33%), a été appréciée par un tiers des étudiants. Pour voir le positif, disons que le sadomasochisme et les vendeurs de cravaches ou autres menottes ont encore de beaux jours devant eux…

Enfin, le système de parrainage subit une assez large déconvenue. On peut pourtant intuiter que personne n’est contre le système de parrainage en tant que tel, ce sont plutôt les modalités qui ont pêché. L’attribution de plusieurs filleuls (3 à 4 par parrain) au hasard est potentiellement à remettre en cause, tout comme le manque d’événements parrain-filleul pour se rencontrer. En effet, la libre initiative était laissée aux différents couples de se rencontrer et se voir, ce qui a mené un grand nombre d’entre eux à ne même pas se rencontrer : 60% des répondants concernés par ce système de parrainage disent n’avoir eu aucun lien avec leur parrain/filleul. Ce système est en rodage, et on ne peut qu’espérer de tout cœur que – malgré l’échec cette année – le système sera reconduit et perfectionné au fil des ans, pour permettre à chacun de trouver sa place à HEC.

Au total, la semaine d’inté et les jeux d’inté gardent une importance conséquente quoique non prépondérante dans l’appréciation par les étudiants du travail effectué par le BDE. La corrélation entre ces deux questions et la note attribuée au BDE est d’ordre moyenne (cf infra).

En revanche, pour la note attribuée à l’intégration en général et à l’acclimatation à HEC, la corrélation avec les jeux d’inté et l’implication dans la groupe d’inté est très forte, entre 40 et 50%. Pour devenir bodes, il semble donc que s’impliquer à fond dans ce processus soit un avantage non négligeable. En cela, le processus d’intégration semble efficient : ceux qui souhaitent s’intégrer considèrent qu’ils y arrivent.

Est-ce que c’est le WEI ?

Venons-en au fait, venons-en au WEI. Temple de tous les fantasmes, teasé dès l’amphi de présentation de HEC durant le passage des oraux par les admissibles, mythifié par une imagerie médiatique qui ne manque pas de dénoncer les débordements fréquents, week-end tant attendu, et tant redouté par certains ; le WEI ne satisfait globalement pas pleinement les étudiants qui y vont, comme le montre la note de satisfaction médiane de 3/5 obtenue. 20% d’étudiants regrettent d’y être allés et – comme pour les groupes d’inté – un pourcentage relativement faible de gens s’en disent pleinement satisfaits (10%). Alors comment expliquer cela ?

Bien sûr, le prix (350€) y est pour quelque chose, et les données démontrent une relative réticence du public à toute initiative qui renchérit le WEI : ainsi, seuls 18% des sondés pensent que la venue d’une guest star mérite à peu près l’investissement consenti (50€). L’ajout d’un jour de WEI supplémentaire par le BDE Saint-Cricq est – lui – globalement souhaitable selon les données, mais très polarisé entre des gens qui trouvent que le WEI ne dure pas assez longtemps, et une frange avec une élasticité-prix (rpz les gens qui vont dévalider la micro 😍) très forte sur le WEI qui regrette d’avoir à payer un supplément.

Sur le prix du WEI, par ailleurs, un mot s’impose. En effet, un fait trop méconnu parmi les participants au WEI est le fait que HEC est la seule des grandes écoles de commerce à ne pas du tout subventionner le BDE pour le WEI. De là, le BDE doit autofinancer son WEI, ce qui explique les prix potentiellement plus élevés que chez nos voisins cergyssois notamment, à la fois pour le WEI et pour les cotisations.. Au nom de toute la future promo 2023, sors les billets, Peter.

Pour le reste, la mythologie autour du WEI a un vrai rôle à jouer. L’exigence autour de ce week-end mythifié par les médias, supposé être le week-end le plus fou de toute une vie, est énorme. Les montages vidéos sur le WEI n’aident notamment pas à anticiper le fait qu’il puisse y avoir des temps morts, des moments sans activités, typiquement, ce qui peut expliquer les notes relativement faibles attribuées à l’organisation des WEIs (médiane à 2/5). Les restrictions très fortes sur l’alcool afin d’éviter tout débordement ont aussi un rôle à jouer, dans un contexte où de nombreux étudiants s’attendent à des open hard : somme toute, le WEI ne peut pas satisfaire pleinement parce que l’image qui est vendue du WEI est une image publicitaire et fallacieuse, le WEI ne peut pas être un week-end de purs folie et excès, puisqu’il est en partie encadré par HEC, qui – de toute évidence – n’a aucune envie qu’un scandale éclate à son WEI, comme cela a pu être le cas avec l’ESCP l’an dernier. Somme toute, HEC préfère que ses étudiants ne se smackent pas au WEI plutôt que de faire de leur WEI un SMAQ 2.

D’autre part, l’on attend du WEI un grand nombre d’activités, qui sont évidemment coûteuses, et l’on reproche au WEI à la fois ses temps morts ou sans activités et son prix, ce qui est difficilement conciliable. Il sera peut-être à la charge du prochain BDE de réfléchir à des activités gratuites ou peu chères afin de pallier ces moments de temps mort.

Typiquement, ces moments de temps morts sont certainement ce qui coûte au BDE Saint-Cricq une moyenne de satisfaction piquante sur l’organisation du WEI (1,8/5), et ce qui explique le fait que les L3 – qui ont effectivement fait un WEI de 4 jours – soient les plus circonspects sur la thématique (plus de la moitié estime qu’avoir payé pour un jour de plus n’était pas ou peu utile, soit 2 fois plus que sur l’ensemble des autres promos) : afin de ne pas faire exploser le prix du WEI, le BDE BKD n’a pas pu garder une densité d’activité suffisante, et l’ajout d’un jour supplémentaire a conduit à diluer les activités.

Le BDE BKD a jugé bon de nous informer que ces temps morts, sans activité, faisaient partie d’une véritable politique mise en place au-delà de la nécessaire économie de coûts : le BDE a eu la volonté de ne pas surcharger les étudiants d’activités à faire avec leur car, composé aléatoirement et – donc – dans lequel on peut ne pas avoir de très bons amis, et a plutôt préféré aménager des moments pour rester chiller avec ses potes, et n’a pas cherché à surcharger artificiellement le week-end. Ce pari faisait du WEI un week-end cool plus qu’un week-end exceptionnel, et c’est peut-être cela qui lui a été reproché.

Pour le BDE, le WEI est capital. C’est une évidence confirmée par les chiffres : les corrélations entre l’appréciation du WEI et l’organisation du WEI d’autre part, et la note du BDE sont énormes : 58%.

Résultats détaillés

Corrélation avec l’année d’études du répondant

Effectifs : 221 L3, 155 M1, 116 VM, 60 M2

La rédaction souhaite attirer l’attention du lecteur sur la proximité temporelle entre la diffusion du sondage et la période d’intégration des L3, qui peut conduire à une polarisation des réponses vers les extrêmes. Il y a néanmoins fort à parier que la tendance générale des réponses (nombre d’avis positifs vs nombre d’avis négatifs) serait la même sans ce facteur.

Un autre facteur explicatif aurait pu être la nostalgie, mais elle semble peu importante compte tenu des notes faibles recueillies auprès des VM et M2.

Qui sort vainqueur de ce sondage, parmi les quatre BDE évalués sur leur intégration, une des tâches essentielles de ces derniers ? Cela est finalement assez dur à dire, même si, par des aspects très différents (et peut-être complémentaires ?), les BDE BKD (L3 actuels) et MCB (M1 actuels) se distinguent positivement.

Le BDE BKD, un processus d’intégration réussi mais terni par un WEI décevant

Le BDE BKD – à l’exception notable du WEI – a réussi la meilleure intégration parmi tous les BDE sondés. Arrivant à motiver plus que jamais les étudiants pour les groupes d’inté (39% d’étudiants impliqués ou très impliqués, contre 22% chez les M1), le BDE BKD a su, avec l’aide des différentes associations représentées lors des jeux d’inté, proposer une soirée très sympathique pour les nouveaux arrivants : 75% des L3 participants sont contents d’y être venus ; un chiffre qui tranche avec, à l’autre extrême, les 25% de M2 qui avaient apprécié la soirée en leur temps. Au total, et c’est tout à l’honneur du BDE BKD, 30% des étudiants se disent plus intégrés ou nettement plus intégrés à HEC à l’issue du processus, c’est plus qu’avec n’importe quel autre BDE.

Néanmoins, la route vers les lacs de Bourg-en-Bresse3 a porté un coup massif au BDE, dans le cadre d’un WEI qui ne s’est pas avéré être à la hauteur des attentes des L3. Ceux-ci semblent reprocher au BDE une utilisation peu appropriée de cet argent, puisque lui sont reprochés le choix ambitieux d’un WEI de 4 jours et l’invitation coûteuse d’une guest star (respectivement seulement 30% et 17% de satisfaits). De là, au vu de l’investissement consenti jugé trop important, les L3 décrient violemment l’organisation du WEI assurée (enfin, du coup, pas assurée) par Planète WEI (1,8/5 de moyenne), dans un contexte où le BDE n’a pas été aidé par le temps capricieux, ni par les facéties du camping pour le logement. Les échos du campus décrient notamment le dîner cusson inter-cars déséquilibré par la présence d’un car deux fois plus peuplé que les autres, ce qui semble avoir empêché la mayonnaise de prendre, et a conduit à un long temps de latence avant la soirée la plus importante du WEI, notamment. Est aussi décriée la gestion de la nourriture (longs temps d’attente aux repas de midis gérés par Planete Wei, annulation du Burger King).

Néanmoins, le WEI du BDE actuel bat celui des VM, jugé le pire par les principaux concernés, avec 67% de déçus.

Evidemment, au rayon des satisfactions sur ce WEI, les soirées et certaines activités comme l’apéro mousse, les bouées tractées (très appréciées), les soirées (surtout la première) ou l’aller en car (surtout pour le car jaune animé par Arthur Granger) reviennent fréquemment dans la question « Qu’avez-vous préféré lors de votre WEI ». Au passage, on remercie les 9 kiffeurs qui ont écrit « quand on a retrouvé Cyprine », ça a bien fait rire la rédaction. En gros, les ingrédients pour un WEI sympa – même si ce ne sera jamais le WEI de folie auquel s’attendent les 1A – sont là, et la qualité de l’organisation détermine presque seule l’appréciation générale du WEI.

Au classement général, le BDE BKD est 2ème, assez loin derrière le précédent BDE, propulsé comme nous le verrons par un WEI jugé exceptionnel.

Le BDE MCB propulsé par un excellent WEI

Au général, c’est bien le BDE MCB qui gagne, et qui montre que les étudiants attendent avant tout du BDE qu’il organise un WEI des plus qualis. Si l’interprétation de Tchoin par Kaaris n’a pas été au goût des 2A les plus esthètes, leur WEI, organisé d’une main de maître (seulement 21% des sondés l’ont trouvé mal ou très mal organisé) et bien aidé par le soleil de plomb et les températures estivales qui régnaient au Canet-en-Roussillon, restera une expérience positive pour plus de 75% d’entre eux.

A part le WEI, avec près de la moitié de désinvestis, le BDE MCB n’a pas su passionner les M1 pour leurs groupes d’inté. De manière assez logique, donc, très peu de M1 ont trouvé l’inté utile pour se faire des amis et s’acclimater à HEC (14%).

Au total, une semaine d’inté peu convaincante est rattrapée par un WEI excellent chez les MCB

Le mauvais élève, le BDE Catch&Furious

Avec 67% d’insatisfaits, le BDE des VM réalise la pire performance de notre sondage : le pire WEI, et une des pires soirées d’inté n’ont certainement pas aidé à plaider son cas. La rédaction manque d’éléments pour expliquer cette déconvenue, aussi ne s’y risquera-t-elle pas.

Corrélation avec l’établissement d’origine du répondant

Effectifs et catégories :

  • Privée (Prépa privée parmi : Ginette, Stan, Franklin, Grandchamp, Ste Marie, Daniélou) : 179
  • Privée HC (Prépa privée parmi : groupes Intégrale, Ipésup, Commercia, St Jean de Douai) : 63
  • Publique (Prépa publique parmi : LLG, Hoche, Saint Louis, Janson, Le Parc, Henri IV) : 175
  • Provinciale (Prépa provinciale / à l’étranger) : 77
  • Autre (Autres prépas franciliennes) : 37
  • AD (AD/DD/IS) : 21

Les précédentes enquêtes de QPVHEC ont déjà fait ressortir que l’établissement d’origine jouait un rôle non négligeable dans le processus d’intégration sur le campus et dans la satisfaction des années passées sur ce dernier (je vous renvoie par exemple vers le QPV#6a). La tendance observée précédemment se traduit-elle toujours dans cette nouvelle enquête qui s’intéresse directement au processus d’intégration organisé lui-même ?

Les plus investis et globalement les plus satisfaits du processus d’intégration sont les élèves issus des grandes prépas publiques parisiennes et lyonnaises. La semaine d’intégration semble leur avoir bien plu puisqu’ils sont près de 70% à avoir aimé la soirée des jeux d’inté et près de 35% à s’être senti réellement impliqués dans leur groupe d’inté, un record parmi nos catégories d’études. Les élèves issus de prépas publiques sont en effet moins habitués aux évènements d’intégration (bien plus développés chez leurs confrères du privé, cf. la semaine d’inté à Ginette par exemple) et sont donc peut-être plus enthousiasmés à cette idée. Il n’est donc pas non plus étonnant de constater que le système de parrainage leur a été plus utile que pour les prépas privées (sous contrat ici) où le système de filiation est déjà très développé et fort, et le besoin d’avoir un parrain pour découvrir le campus d’autant moins ; ou qu’ils sont globalement plus convaincus par le jour en plus du WEI. Paradoxalement, ils n’accordent pas une meilleure note que les autres groupes au BDE pour l’organisation de l’inté, peut-être en attendaient-ils trop, et en sortent tout de même un peu déçus, se sentant toujours moins intégrés que les élèves de prépas privées.

On retrouve donc logiquement et symétriquement le groupe des prépas privées globalement plus satisfaits de leur intégration bien que moins investis. Ils sont plus nombreux (28% contre 19% de moyenne) à être satisfaits du BDE. Dans ce groupe, les prépas privées hors contrat sont les plus satisfaits notamment concernant le WEI où ils dépassent largement les autres groupes.

Finalement le groupe qui se démarque à nouveau le plus est celui des AD/DD/IS. Les résultats sont ici à prendre avec plus de précautions eu égard au nombre plus réduit de participants (21 votes). Ils sont largement plus critiques envers le BDE en lui accord seulement 5% d’avis positifs (aucun très positif) et n’ont pas du tout été concernés, ou ne se sont pas sentis concernés, par les événements d’inté.

Le fait que 29% des étudiants issus de grosses prépas privées se sentent plus à l’aise à l’issue du processus d’intégration contre 17% des étudiants issus de prépas provinciales et étrangères montre une réelle problématique à penser pour les futurs BDE : l’intégration sert surtout à ceux qui en auraient en fait le moins besoin. Les étudiants des prépas privées – sous contrat ou hors contrat – arrivent bien souvent par assez vastes contingents à Jouy, et ne se retrouvent qu’assez rarement dans des situations de solitude une fois en école, ce qui n’est pas le cas des étudiants issus de prépas provinciales au réseau souvent peu développé. Les prochains BDE devraient donc avoir à coeur de réfléchir à des procédés pour impliquer ces étudiants, et les intégrer. L’idée du parrainage était à cet égard excellent, mais force est de constater qu’elle a été un échec relatif puisqu’ils ne disent pas avoir significativement plus bénéficié de ce système que les autres étudiants. Cette relative solitude qu’on peut deviner pour ces étudiants transpire des résultats de ce sondage autant qu’une demoiselle du RCH un mardi aprèm, et est révélée notamment par un WEI moins apprécié (24% d’avis positifs, 10 points de moins que les étudiants issus de grosses prépas publiques), car le WEI est avant tout un week-end entre potes.

En conclusion, du ressenti même de ceux qu’il concerne directement, le processus d’intégration a plus ou moins échoué dans son rôle ou du moins s’est montré en dessous des attentes – accordons le – souvent trop hautes. Il n’est finalement pas parvenu à gommer à lui tout seul le retard virtuel des étudiants de petites prépas par rapport aux grandes prépas. Heureusement (ou pas ?), la vie du campus en soi et surtout celle des assos prend la relève.

Corrélation avec le genre du répondant

Effectifs : 318 garçons, 230 filles, 4 NSPP

Il est maintenant l’heure pour nos plus fidèles lecteurs de faire le lien avec notre prochain sondage. Selon les préjugés, le processus d’intégration est plus pénible pour les filles. Réputée excessive et aussi subtile et raffinée qu’une boite de flageolets premier prix marque distributeur Auchan, l’intégration peut encore être associée à du bizutage avant de la vivre. Les nombreux témoignages de victimes des dérapages, souvent féminines, qui sortent chaque année, peuvent ainsi expliquer que 27% des garçons, et 42% des filles aient choisi de boycotter la descente au lac, l’événement présumé le plus « risqué » dans le processus d’intégration.

Toutefois, les chiffres prouvent que le premier mois sur le campus est globalement ressenti de la même manière, quelque soit les genres des élèves. Les retours sont en effet très proches à propos de tous les événements, ce qui va à l’encontre d’une croyance selon laquelle l’intégration est moins bien vécue par les femmes. Par ailleurs, ça n’a été le cas que lors du concert de Black M (coup dur, la fan base doit être partie à Cergy), et on peut légitimement être curieux des résultats si on avait eu à la place droit à une performance de Marwa ! Cependant, ça n’a pas empêché les femmes de donner une meilleure moyenne au WEI dans sa totalité.

Par conséquent, le genre ne semble pas avoir été prédominant dans l’appréciation des premières semaines. De là à dire que gender is over, il n’y a qu’un pas… Enfin, un sondage ?

Matrice de variance-covariance

Analyse en composantes principales

Notes

  1. Seul véritable trashage de l’intégration à HEC
  2. Séminaire Ambitieux Moderne et Qualitatif, nouveau nom du WEI de l’ESCP
  3. Lieu du WEI 2018