QPV#11b Culture – Quiz

Ce mini quiz a été adressé le mardi 6 novembre aux étudiants francophones du programme Grande École. Un grand merci aux 586 répondants. Pour information, le formulaire-type est disponible ici.

Quelques chiffres à retenir pour briller en société

  • 9/15, c’est la médiane et le mode (note la plus fréquemment obtenue) par les HEC à notre mini-test. Et vous, combien auriez-vous eu ?
  • Les 19% de gens qui ont obtenu 12/15 ou plus sont gratifiés d’un A, ceux qui ont eu moins de 7 partent en rattrapage. GPA.
  • Les grandes prépas publiques parisiennes dominent le classement par prépas, bien aidés par des ECS leaders en leur catégorie et par d’assez nombreux khâgneux. Prépa-Major.
  • Les A/L et B/L, sans surprise, dominent nettement le classement avec une moyenne générale de 11,3/15, 2 points au dessus de la moyenne. Cliché.
  • Si 24% d’entre vous seulement donnent le titre de champion du monde au brave Lacazette, seul un tiers des sondés ont suivi la réforme ministérielle intronisant Franck Riester à la tête du ministère de la culture. Bien, ta grotte ?

Résultats obtenus

(où l’on observe une jolie gaussienne)

Commentaires succincts

Ce quiz ne visait pas à mesurer la culture générale d’un individu en particulier (puisque la connaissance des réponses à la plupart des questions peut être accidentelle), mais à mesurer la culture générale de groupes d’individus (puisque les hasards permettant aux uns et aux autres au sein d’un groupe de connaître ou non la réponse à une question sont supposés se compenser au vu de la taille des échantillons).

Si l’on peut être très cultivé et ne connaître aucune réponse au quiz et réciproquement, l’on considèrera tout de même qu’en moyenne, il est probable que les groupes ayant une moyenne significativement supérieure aux autres aient été les plus exposés à la culture.

Les résultats du quiz mettent en évidence ce sur quoi l’article du QPV#11 : La culture et les HEC insiste : chez les HEC, la culture scolaire est bien rentrée et est largement maîtrisée. Au sens de l’Education Nationale et du bac de Français, les HEC sont bel et bien cultivés. Les deux questions quasi unanimement réussies portent en effet sur la culture scolaire : Mendeleïev est connu de (quasiment) tous, et tous les HEC savent que l’existentialisme n’est pas un courant du XIXème siècle. A contrario, les 3 questions au plus fort taux d’échec concernent des sujets qu’on n’étudie pas nécessairement à l’école : le dernier remaniement ministériel, une composition musicale, et un nom civil d’un auteur. Si la majorité des HEC a pensé qu’Henri Beyle s’appelait Joseph Stendhal, c’est certainement qu’en cours de Français, l’auteur du Rouge et le Noir a été présenté comme Stendhal. Certains ont sûrement aussi ouï dire que Stendhal avait écrit une autobiographie, Vie de Henry Brulard, et se sont ainsi laissés fourvoyer en pensant que Stendhal s’appelait civilement Henry Brulard.

L’on remarque aussi la force de l’intelligence collective et une certaine diversité dans les réponses des HEC, les questions qui ont été ratées sont diverses et variées, si bien que le HEC moyen a eu 9,3/15, mais que la réponse démocratique du panel obtient 11/15 (i.e. Pour seulement 4 questions, la majorité des HEC a eu faux).

Si évidemment les A/L et B/L dominent le classement, on constate que les ECE et les ECS, filières archi-majoritaires à HEC, obtiennent des résultats comparables, pour ne pas dire équivalents.

Quant au classement des prépas par type, il se révèle assez discriminant. Alors comment expliquer les notes substantiellement supérieures obtenues notamment par les prépas publiques les mieux classées, et les notes substantiellement inférieures des prépas privées hors contrat ou assimilées ?

Dans l’explication, au-delà de la présence de littéraires chez les premiers et de l’absence de littéraires chez ces derniers, l’on peut penser au niveau de recrutement à l’entrée, très élevé dans le cadre des plus grandes prépas publiques. Peut-être ces derniers – souvent excellents dès le lycée – ont-ils développé en moyenne des connaissances plus vastes dès avant l’entrée en prépa.

Le profil sociologique nettement plus aisé de des étudiants de grandes prépas publiques (par rapport aux étudiants de prépas provinciales, typiquement, cf QPV#1) est aussi certainement une partie de l’explication ; ces élèves ayant sûrement été exposés en moyenne à une culture extrascolaire plus importante, dans un contexte où, notamment à Henri IV, Janson ou LLG, les élèves sont encouragés par les professeurs à se cultiver par eux-mêmes, sur un large spectre, ne laissant pas de côté les arts non-littéraires.

En ce qui concerne les résultats des prépas privées hors contrat, ils peuvent être dus à une approche différente de la culture en prépa, plus fondée sur l’apprentissage de références passe-partout et communes, et n’amenant pas à élargir considérablement la culture extrascolaire, au-delà de références utiles. Ainsi, on observe que ces étudiants pêchent notamment sur la question de culture dramatique et de littérature contemporaine (question sur Modiano), sujets moins prisés que la littérature classique et la philosophie, typiquement. Ces prépas donnent en effet une réelle priorité aux mathématiques dans la stratégie de préparation au concours, aux dépens de la culture générale.

Parmi les autres types de prépas, les résultats sont trop serrés pour pouvoir conclure.

Résultats croisés