QPV#6a Satisfaction générale

Nous remercions très sincèrement les 656 votants qui ont répondu à ce sondage. Les résultats qui suivent sont extraits d’une enquête de satisfaction diffusée le 22 mai dernier aux étudiants francophones du parcours Grande École. Ils reflètent une situation à un moment donné, celle-ci étant susceptible de varier.

Quelques chiffres à retenir pour briller en société

  • Avec une note médiane de satisfaction à 3/10, les cours à HEC n’ont pas vraiment fait consensus l’an dernier. Plus inquiétant, seuls 0,5% des étudiants donnent aux cours de HEC les notes de 9/10 et 10/10Les POWlards ont remplacé les polards.
  • Malgré cela, les 2/3 des étudiants interrogés pensent que les cours leur seront utiles à l’avenir. L’espoir fait vivre ?
  • Seul 15% du panel estime être mal ou très mal intégré à HEC. Pour les 85% restants… Posé j’suis sous Jack dans mon prépow… J’fais repérage de sharks dans mon réseau… 
  • Si 72,6% des sondés trouvent l’atmosphère à HEC agréable grâce au campus, il n’en reste pas moins que 71,2% en décrient ce qui s’apparente à une course à la popularitéHaute Ecole de Collégiens.
  • Avec une moyenne de satisfaction de 3,5/5, les Carrefours et le BDE sortent vainqueurs de l’enquête de satisfaction, devant le BDA et la JE ! Bravo Ampère.
  • A contrario, 1% du panel se dit très satisfait de l’administration de HEC. Et encore, le sondage a été fait avant le shotgun des chambres…
  • Plus de 81% des gens donnent une note supérieure ou égale à 3/5 pour l’ensemble de leur scolarité à HEC. Oh HEC… Oh HEC… Oh HEC, HEC, HEC C C, Nous on t’aime, et on t’adore, et on le crie encore plus fort !

Résultats globaux

Nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que notre échelle de satisfaction va de 1 à 5 et non de 0 à 5 ; la note moyenne est donc de 3/5 et non de 2,5/5. L’analyse doit en tenir compte.

Analyse

Commentaire général

Dans les graphiques ci-dessous, la question 1 « QPV des cours à HEC ? » est ramenée à une note sur 5 afin de faciliter les comparaisons.

Si les résultats de ce sondage sont pour la majorité honorables pour HEC, deux médianes très basses contrastent. Les cours et l’administration de HEC ont subi une désapprobation assez massive. Si le cadre temporel dans lequel le sondage a été lancé (celui des partiels de fin d’année) n’est certainement pas de nature à booster les notes attribuées, clairement, il ne peut pas être tenu pour seul responsable d’une situation assez problématique. Mais comment expliquer cette situation, lorsqu’elle concerne l’école qui est souvent classée comme la meilleure d’Europe dans son domaine académique ?

Les cours à HEC : une véritable désillusion ?

Prépa, Ecole, et continuum

Comment parler de la problématique de la difficile quête de l’intérêt des étudiants par les professeurs d’école de commerce, d’autant plus tragique lorsqu’ils sont triés sur le volet, sans parler du fameux continuum Prépa-Grande Ecole ? Je ne vais pas vous récrire ce que vous avez sûrement déjà entendu cent fois, mais le passage de matières dans laquelle on se sent à la pointe, à l’époque de ce qui constitue pour la plupart des préparationnaires leur apogée culturelle et intellectuelle à des matières comme la comptabilité, qui ne présente qu’assez peu de défi intellectuel, est problématique pour deux raisons majeures.

  • Premièrement, il y a l’appréhension sociale de chacune de ces deux matières. Si la géopolitique et la philosophie peuvent aisément permettre de briller en société, et si le caractère relativement pointu de leur apprentissage en classes préparatoires a un aspect satisfaisant intellectuellement, c’est car ces matières sont vues comme nobles, comme révélant une forme d’intelligence. Celui qui a une grande culture géopolitique ou philosophique, celui qui excelle en mathématiques ou en littérature, celui qui se distingue par la maitrise de deux langues, est souvent quelqu’un qui est vu comme intelligent. On ne pense pas de la même façon à une personne extrêmement forte en comptabilité ou en Management and Cost Accounting.
  • Deuxièmement, il y a la nouveauté de ces matières, qui fait en sorte que la principale difficulté des premiers cours n’est que très rarement théorique, mais bien souvent conventionnelle. Pour filer la métaphore, apprendre à faire des comptes en T en comptabilité n’a rien de difficile, c’est juste un ensemble de conventions à apprendre et accepter ; et c’est ainsi que cette matière se voit souvent méprisée pour sa facilité. Cela explique un sentiment de rejet malgré des notes qui ne sont pas nécessairement excellentes : on prendrait les élèves pour des débiles, et pour cette raison ils se refusent à apprendre ces conventions vues comme autant de trivialités, et n’obtiennent pas des bonnes notes.

Cela explique par ailleurs la moyenne relativement bonne (presque 3/5) de l’estimation des étudiants de HEC de l’utilité de leurs cours. Les cours sont vus comme une étape ennuyeuse, mais utile pour la vie en entreprise. Ce ne serait donc pas tant la faute des professeurs ou de l’école qu’une fatalité due à un passage pédagogique complexe

Pression sociale et cours

À HEC, la pression sociale semble changer de côté. Après une parenthèse préparatoire, où la culture et l’excellence académique sont bien souvent des modes privilégiés de distinction sociale, l’ambiance dans l’école de Jouy s’apparente par bien des points à celle d’un collège ou d’un lycée. En tous cas, les 71,2% de sondés qui mentionnent la course à la popularité à HEC comme une des caractéristiques principales semblent approuver cette thèse. Or, au collège ou au lycée, le moyen de distinction sociale n’est bien souvent pas l’excellence et l’amour académique.

De là, se battre pour atteindre un bon niveau académique perd de son intérêt, d’autant plus que ce n’est pas la politique mise en place par HEC qui a vocation à redonner un intérêt purement pragmatique aux cours (cf supra).

Ainsi, le cool ne réside plus dans l’affection et la compréhension des cours, mais bien dans leur mépris : quelqu’un qui clame haut et fort qu’il aime les cours, souhaite y être assidu et avoir la GPA la plus haute possible a tôt fait d’être vu comme un polard, ou un nobal. À l’inverse, pour en être sur le campus, la participation à une campagne très prenante (JE, BDA, BDE) ou à une association dont les activités conduisent à sécher des cours (Club Voile avec sa croisière Toussaint par exemple) est souvent de rigueur.

Par ailleurs, critiquer les cours pour leur simplicité et leur manque d’intérêt semble assez bien vu, quand bien même on n’a pas les notes témoignant d’une compréhension parfaite de ces cours dits élémentaires.

C’est ainsi qu’on peut témoigner d’une sorte d’acharnement contre les cours à HEC, parfois injuste dans la mesure où nos aînés ont tôt fait de prévenir les nouveaux-venus dès leur intégration du point auquel les cours leur sont ennuyeux et exécrables, de telle sorte que les cours sont aussi jugés à l’aune de ces préjugés.

HEC souhaiterait-elle réellement passionner ses élèves pour les cours ?

Face à tout cela, on peut légitimement se demander ce que HEC peut faire pour redonner de l’intérêt à ses cours. Dans ce paragraphe sera traitée plus à fond la part de responsabilité qu’a HEC en tant qu’école dans la situation : tous les arguments précédents concernant en effet le système de classes préparatoires et une ambiance sur laquelle HEC n’a en fait que peu de prise.

En subventionnant et en cautionnant les campagnes, durant lesquelles l’immense majorité des listeux sèchent les cours, et l’immense majorité des élèves arrivent en retard aux cours, HEC fait le choix d’encourager un certain je-m’en-foutisme, dans ce qui semble être une stratégie calculée dont l’objectif serait de transformer des « intellos » en leaders et en managers. En cela, les listes sont une expérience formidable de travail réel à enjeu de résultats sous une pression et une intensité folles.

C’est ainsi que HEC propose un faible volume horaire de cours par semaine, avec des cours qui ne requièrent pas franchement un long travail de fond une fois l’étudiant dans sa chambre. Le but pourrait être de laisser le temps libre aux étudiants afin qu’ils acquièrent l’investissement associatif parfois professionnalisant, et souvent utile par bien des aspects aux futurs-diplômés dans leur carrière.

Car – oui – on peut bien parler des étudiants à HEC comme des futurs-diplômés de l’école tant le taux de diplomation est haut : plus de 95% des étudiants du PGE obtiennent leur diplôme sans redoubler. Ce choix de HEC, de ne pas donner des cours trop durs, et – plus que cela – de ne pas avoir de classement de sortie, laisse le champ libre aux HEC pour le travail associatif, et le travail sur le réseau : rencontres, forums, entretiens sont faciles à caser dans un emploi du temps qui ne dépasse pas toujours les 15h hebdomadaires. Évidemment, ceci n’est absolument pas l’apanage de HEC et il y a fort à parier que les résultats obtenus auraient été identiques à Centrale, l’ESSEC ou l’ESCP.

Limites de HEC et de cette théorie

En fait, le problème de la stratégie de HEC sur les cours est qu’elle ne satisfait pleinement aucune catégorie d’étudiants : les plus portés sur la vie associative parmi eux recevant tout de même des notes parfois infamantes ou dévalidant puisqu’il reste nécessaire de travailler un minimum afin d’avoir des notes honorables, dans un contexte où la GPA (moyenne générale) garde un intérêt, notamment dans le choix des majeures. Ceux qui souhaitent garder une assiduité académique exemplaire, ne sont pas servis non plus : les cours ne sont pas assez stimulants pour eux.

Parmi les autres facteurs explicatifs du désamour témoigné pour les cours de HEC, on trouve les cours de langue, dont l’expérience empirique montre qu’ils sont très décriés, ainsi que la problématique des électifs. Trop peu nombreux dans le parcours, le choix des électifs reste souvent un non choix – faute de la superposition des horaires d’électifs et de l’absence d’une taille critique qui permettrait à HEC de proposer des électifs « de pointe » sans prendre le risque de se retrouver face à une salle vide.

Analyse des ACP : y a-t-il des profil-types ?

Relativement conformément à la théorie exposée ci-dessus, l’ACP exposée en fin d’article permet de distinguer deux profils-type d’élèves à HEC. Le premier profil est défini par des élèves qui trouvent les cours utiles et les apprécient. Ceux-là n’ont pas de problème avec l’administration, qu’ils notent plutôt généreusement. Cela répond à une certaine logique : ces profils plus sages n’ont pas affaire à l’administration pour des raisons déplaisantes. Souvent peu impliqués dans les associations, l’administration n’est donc pas un frein à leur vie associative non plus.

A contrario, le second profil est défini par des gens qui se disent satisfaits des associations et de leur vie sociale sur le campus. Assez logiquement, la satisfaction de la scolarité semble être la résultante de la composante scolaire et associative : dans chacun des deux profils, on trouve des étudiants satisfaits de leur scolarité.

Analyse synthétique des autres résultats

Ce qui est assez remarquable à la lecture des histogrammes, c’est la structure des réponses, pratiquement toujours la même. A part sur les cours, le 4/5 est toujours le mode (note la plus fréquemment donnée) des questions générales de satisfaction liées à HEC (3, 4, 6), avec toujours autour de 40% de réponses. Pourtant, en moyenne sur les trois questions, seuls 15% des gens donnent la note maximale : en moyenne, les étudiants apprécient HEC, ses associations, et leur vie sociale sur le campus, mais il semble manquer quelque chose pour atteindre le 5/5, comme si HEC laissait un goût d’inachevé…

Pour le BDE, la structure est similaire aux questions générales sur HEC, et le grand nombre de 3/5 (indifférent) est en partie le fait des répondants parmi les M2 et les VM, qui n’ont que peu affaire aux actions du BDE1. Pour la JE et le BDA, le nombre énorme de 3/5 sanctionne une action probablement pas assez inclusive pour tous. Malgré tout, il est important de noter que 33% du panel se dit insatisfait de la JE, 27% du BDA, contre moins de 15% pour le BDE et les Carrefours, qui sortent largement vainqueurs de l’enquête d’opinion, ce qui est sûrement dû à leur action moins visible sur le campus.

Corrélation avec le niveau de satisfaction concernant les cours à HEC

Échantillon : Très insatisfait 158 ; Insatisfait 290 ; Moyen 153 ; Satisfait ou Très satisfait 55

Commençons par une donnée implacable : l’appréciation des cours dépend fortement de leur utilité estimée. En effet, la première question indique une forte corrélation, et fait de l’intérêt présumé des matières enseignées un enjeu majeur de l’appréciation du parcours scolaire. Certes, nous sommes conscients que notre sondage n’abordait ni la variété des thèmes étudiés, ni l’attrait de la pédagogie choisie, alors que ces éléments semblent incontournables pour apprécier les cours dispensés à HEC.

En revanche, on peut d’ores et déjà affirmer que la satisfaction vis à vis des cours conditionne l’appréciation du cursus à HEC. De fait, quel que soit l’avis sur les cours, il existe un certain consensus autour de la vie sociale et des associations, les deux autres axes majeurs de la vie étudiante à Jouy-en-Josas. Pour autant, la note globale donnée à la scolarité fluctue en suivant l’appréciation des cours. Ainsi, les HEC se rappellent avant tout de leur statut d’élève payant une formation professionnelle, et quoi qu’on en dise, une vie sociale ou associative épanouie ne peut compenser à l’échelle de la promotion une déception scolaire…

Cette affirmation se ressent d’autant plus à la lecture des réponses données par les très insatisfaits de l’enseignement (24%) : ils sont en effet les plus déçus par chaque élément évoqué dans notre sondage. Or ce constat est notamment évoqué par Yves-Marie Abraham dans son étude sociologique Du souci scolaire au sérieux managérial, ou comment devenir un HEC. Cette référence incontournable pour QPVHEC distingue 4 grands profils d’adaptation à la vie jovacienne, dont un illustre particulièrement bien la situation que vivent la plupart des frustrés par l’enseignement. Ceux que l’auteur dénomme « les égarés » demeurent en réalité amoureux de la stimulation intellectuelle offerte par la prépa. Ils expérimentent donc un vide scolaire abyssal à leurs yeux en passant sous l’arche bleue. Toujours configurés en mode prépa, ils sont donc soumis à la fameuse « Seasonal -or not- depression » chérie par Made in Jouy, et jettent dès lors un regard désabusé sur l’HECxperience dans sa totalité. Notons que c’est visiblement l’administration qui cristallise la frustration, sans doute en raison de son rôle aggravant dans la pénibilité scolaire.

A l’opposé du spectre, les étudiants se disant satisfaits par les cours semblent être les plus épanouis sur le campus. En tête de la satisfaction dans toutes les catégories, nos Yes man illustrent le bilan selon lequel une scolarité stimulante est gage d’une appréciation de son passage à Jouy-en-Josas. Dès lors, en sachant qu’une « Wellbeing week » a été organisée par l’administration cette année sur le campus, la prise en compte de l’épanouissement scolaire apparait comme un élément incontournable dans la quête du bonheur étudiant. C’est là tout l’enjeu du continuum prépa-école, au coeur des préoccupations de toutes les grandes écoles récemment…

Corrélation avec le niveau de satisfaction globale concernant la scolarité à HEC

Échantillon : Insatisfait 120 ; Neutre 202 ; Satisfait 334

D’abord on a le plaisir de voir que les HEC sont plutôt heureux (de leur école en tous cas) : les notes 4 et 5 regroupent 65% des répondants. On voit que pour n’importe quelle question de satisfaction posée, ceux qui, de manière générale, apprécient le plus leur scolarité à HEC, vont montrer plus d’enthousiasme : que ce soit pour l’action du BDA, de la JE, la vie sociale et l’intégration ou encore l’administration, il semble que les sondés les plus heureux voient globalement la vie en rose par rapport à ceux qui se montrent plus critiques.

N’en concluons pas immédiatement que les insatisfaits aient simplement ragé et descendu toutes les institutions d’HEC sans distinctions, et regardons de plus près. Alors que la tendance est faible pour une question sur l’administration, où ceux qui n’apprécient pas leur scolarité à HEC montrent une satisfaction moyenne de 1,9 quand ceux qui l’apprécient le plus sont à 2,3, d’autres sujet apparaissent plus clivants, et ce sont eux les véritables déterminants de la satisfaction globale (on n’aurait quand même pas laissé Academic Affairs ruiner sa scolarité…).

Le sujet qui montre la plus forte disparité dans les avis et la plus grosse corrélation avec la satisfaction globale est, étonnamment, celui des cours, auxquels on n’accorde pourtant rarement une place centrale dans le champ de nos activités. La moyenne des insatisfaits d’HEC (1 ou 2) est à 2,6, celle des neutres (3) à 3,6 et celle des satisfaits (4 et 5) à 4,4. Cela ne signifie pas, on pense, que les plus heureux d’HEC sont ceux qui montrent d’enthousiasme à 8h en cours de compta, il serait d’ailleurs intéressant de voir si ce sont les plus assidus, mais j’en doute.

À mon sens, l’explication est la suivante : ceux qui sont le plus intégrés à HEC sont souvent ceux dont le profil sociologique est le plus en accord avec l’école, ce sont les personnes (on généralise bien entendu) qui ressemblent à HEC et avaient une certaine familiarité avec elle avant d’y entrer : car leur frère, leur sœur, ou un de leurs parents les y a précédés par exemple, mais aussi peut-être simplement pour un accord préalable dans la « vision du monde », dans les valeurs. Tout cela pour dire que les plus satisfaits sont ceux qui savaient le plus à quoi s’attendre, et qui ont donc, en arrivant, immédiatement considéré les cours comme secondaires, et plus du tout « en mode prépa ».

Bref, on n’est jamais déçu quand on n’a pas d’attentes. Deuxième élément de discrimination principal, pour lequel il n’y a pas grand-chose à expliquer : la satisfaction générale apparaît comme très liée à la satisfaction concernant la vie sociale et l’intégration à HEC. Probablement un peu comme dans la vie…

Corrélation avec l’année d’études du répondant

Échantillon : 210 L3, 227 M1, 115 VM, 104 M2

La satisfaction globale des étudiants d’HEC varie aussi avec leur année d’études : en effet, les profs sont différents, de même que l’implication dans les assos. Il est évident qu’on ne vit pas la même expérience à HEC en L3 et en M2.

Sur le plan académique, les notes des cours restent très basses (entre 1,8 et 2,1 sur 5 – toutes générations confondues). En L3 et M1, les élèves sont globalement aussi peu satisfaits des enseignements -avec une très légère amélioration en M1. On observe cependant une plus grande satisfaction pour les cours en M2. Encore heureux, puisque les cours de M2 découlent du choix de majeure que l’on a fait, et sont donc orientés plus précisément vers notre secteur de prédilection.

Assez étonnamment, malgré les mauvaises appréciations données aux cours, tous les étudiants s’accordent à dire que les cours sont plutôt utiles à environ 3/5. En particulier, c’est en M1, avant l’année de césure et de stages, et en M2, avant d’entrer pleinement sur le marché du travail, que les cours sont vus comme les plus utiles. En ce qui concerne le M2, il est probable que les activités faites en césure aient révélé les carences de certains, qui se sont avérées être compensées lors de l’année de spécialisation.

Fait intéressant : ce sont les VM, qui ne sont pas sur le campus, qui considèrent avoir la meilleure intégration et la meilleure vie sociale ! Mais toutes les générations semblent globalement satisfaites de leur vie sociale sur le campus avec une appréciation d’environ 3,7/5. Cela peut notamment être précisément imputable au fait que les VM soient loin du campus, et un biais de nostalgie, voire un biais de motivation peut apparaître. D’une part, rétrospectivement, en pensant à HEC, les bons souvenirs sont les premiers à revenir, délaissant ainsi les moments de solitude, et d’autre part, il est probable que seuls les étudiants les plus attachés au campus aient eu la détermination et la motivation de répondre au sondage, ce qui peut expliquer cette augmentation.

On pourrait penser que cette vie sociale sur le campus passe avant tout par les assos, mais on observe que l’importance de ces dernières décroit légèrement avec les années. L’action des assos semble très satisfaisante aux yeux des L3 (3,4/5), mais cette note décroit jusqu’à 3,2 en M2. Cela reflète sûrement le fait que les assos occupent très majoritairement les M1 qui les gèrent, et les L3 qui s’y impliquent de plus en plus au long de leur première année à HEC, par contraste avec les VM et les M2 qui peuvent être à l’étranger et ne sont plus impliqués (sauf exceptions, et exceptions de taille dans les assos de sport, RCH, FHR par exemple).

Si après quelques semaines ou quelques mois à HEC vous avez l’impression que vous ne pourrez rien tirer de bon de votre scolarité à HEC, rassurez-vous ; la note globale sur la scolarité à HEC croît avec les années, et les M2 donnent un 3,5/5 de satisfaction à leur scolarité.

Toutefois, la note de satisfaction quant à l’administration reste très faible quelle que soit l’année, entre 2 et 2,3/5. Pour les L3 et M1, cela est dû à une mauvaise communication, des méthodes d’attribution d’électifs – et même de GEP et de majeures – obscures voire laissées au shotgun… A contrario, les M2 peuvent bénéficier des nombreux événements networking organisés par l’administration, ce qui peut expliquer la note de 2,3, légèrement supérieure. Autre possibilité : les M2 sont tout simplement moins en contact avec l’administration.

Pour finir, les L3, M1, VM et M2 sont inégalement satisfaits des grosses assos du campus :

  • Le BDE qui s’adresse surtout aux L3 et M1 est donc mieux noté par ces derniers (3,6-3,7), et les M2 avec une note de 2,7/5 déplorent un manque d’action du BDE envers eux.
  • Le BDA est bien noté par les 1A (3,4) et il est ensuite surtout apprécié par les plus âgés du campus. Cela peut traduire le fait que les événements organisés par le BDA à Paris sont fréquentés par les césuriers ou les M2, qui peuvent y aller plus facilement et bénéficier des réductions sur les opéras et pièces de théâtre.
  • La JE satisfait également toutes les générations, jamais transcendante mais jamais mal notée, entre 2,8 et 3,0/5.
  • Les Carrefours enfin, satisfont évidemment les M1 qui y trouvent souvent un stage. Ils s’adressent donc moins aux autres années qui donnent une note inférieure.

Corrélation avec la filière choisie lors de l’entrée en L3

Échantillon : GEP L3 195 ; GEP M1 197 ; Licence universitaire (ou DD Ensae) 204 ; Non concerné (DD, AD, etc) 60

Préambule

L’analyse des corrélations entre la satisfaction des étudiants à HEC et leur choix/statut fondamental de formation, à savoir Licence en L3, GEP en L3, GEP en M1 ou encore Double-Diplôme, doit être prise avec des pincettes tant les moyennes de taux de satisfaction/déception entre ces programmes sont proches. Cependant un certain nombre d’enseignements sont à tirer de l’analyse de ces corrélations, certains sont très largement intuitifs, d’autres peuvent étonner, certains vont même à l’encontre de l’impression générale donnée dans les sondages précédents. Nous rappelons bien sûr que cette analyse engage son auteur et sa subjectivité, l’équipe QPV HEC est toujours ouverte à de nouvelles interprétations de ses résultats.

La GEP L3, une popularité en trompe-l’oeil.

Le précédent sondage a montré une popularité monstre des GEP L3, que ce soit le niveau des cours à l’étranger, estimé supérieur à celui des enseignements prodigués par HEC ou encore la possibilité de voir du pays, la GEP L3 a un taux de satisfaction record. Pourtant ce sondage nous présente cette GEP L3 avec bien plus de modération.

En effet, les GEP L3 sont toujours dans un entre deux de satisfaction, que ce soit du point de vue académique, comme du point de vue du développement personnel. Si ils sont plus réceptifs à l’intérêt et à l’utilité des cours que les licences, ils restent plus réservés que les GEP M1, pire est le constat si l’on évoque la vie sociale ou le rôle en association : les GEP L3 se sentent plus délaissés que les GEP M1 qui ont eu une année entière pour s’investir et se faire des amis. Ce résultat est surprenant tant le nombre de GEP M1 à se plaindre de l’impossibilité ou de la difficulté à entrer au bureau des associations est important.

Il y a cependant probablement un biais négatif pour les GEP L3 dans la construction de ce sondage envoyé avant le retour des GEPeux : longtemps éloignés du Josas, des paysages de folie en tête, ils appréhendent le retour sur le campus, ont oublié les visages, ont parfois peur d’avoir aussi été oubliés, d’où  cette note sociale plus basse.

Les GEP M1 mentent, mais pas les chiffres.

Si les résultats pour les questions 1 et 2 ne sont pas analysables au vu de la faible ampleur des différences observées. En revanche, les GEP M1 semblent effectivement plus satisfaits que les GEP L3 de leur vie sociale (3,8/5 contre 3,6/5). Cela s’explique probablement par une question de timing : le sondage a été posé en mai. Cette situation était optimale pour que les GEP M1 se disent satisfaits de leur intégration : les L3 n’avaient pas quitté le campus et y avaient tous leurs amis, et les M1, rentrés depuis 5 mois, avaient eu le temps de se réadapter.

Ce qui explique le fait que les GEP M1 aient plus apprécié leur scolarité à HEC en moyenne, c’est sûrement une combinaison de deux facteurs : une intégration poussée lors de l’année de L3, et le bonheur du départ à l’étranger, très apprécié (QPVHEC 6)b)).

Les licences, amis partout, cours nulle part.

La licence semble au contraire être parfaitement binaire : les élèves ayant choisi cette voie, aiment la vie étudiante, ils aiment se mettre des races, mais méprisent le contenu pédagogique développé par HEC.

En effet, ils sont non seulement sur le podium, mais surtout en top position en ce qui concerne le ressenti positif des associations, quoi de plus normal, ils ont pu s’y investir et ont carte blanche pour y chercher les postes à responsabilités, de même ils sont généralement plus satisfaits de leur vie sociale sur le campus : les amis proches des yeux sont proches du cœur.

A contrario, ils arrivent bons derniers sur le plan académique : la corrélation pourrait être à chercher du côté du programme en lui-même qui leur est proposé, des cours fondamentaux très espacés surtout en première année qui perdent ainsi de leur transversalité, ce résultant dans le sondage par une perte de points sur l’utilité des cours. De plus, il pourrait sembler que le faible nombre d’électifs proposés aux licences en première année soit un facteur supplémentaire : leur scolarité n’est pas rythmée par des cours choisis et donc plus proches des préoccupations personnelles.

Le spleen des AD/DD/IS

Comme vu plus haut, certains obstacles – notamment le temps passé sur le campus, la langue, l’âge souvent plus avancé, l’arrivée à HEC sans faire de L3 dans une promotion où tout le monde se connait déjà – empêchent de nombreux AD/DD d’apprécier pleinement leur vie à HEC. Se sachant beaucoup moins intégrés (0,7 point de moins en moyenne que les licences sur la question sur l’intégration), ces derniers punissent les associations d’un violent 2,7/5 de moyenne de satisfaction, et le BDE d’un 3,0/5 (respectivement 66% et 80% de la moyenne donnée par les ex-licences), ils donnent à leur scolarité la moyenne de satisfaction la plus basse.

Corrélation avec l’établissement d’origine

Échantillon : AD/DD/IS 53 ; Autre prépa 75 ; Prépa privée parmi : Ginette, Stan, Franklin, Grandchamp, Ste Marie, Douai, Daniélou 251 ; Prépa publique parmi : LLG, H4, Hoche, Janson, St Louis, le Parc 184 ; Prépa publique provinciale ou à l’étranger 93

Dans son étude de 2005 déjà citée plus haut Du souci scolaire au sérieux managérial, ou comment devenir un « HEC », Yves-Marie Abraham avait distingué quatre groupes d’étudiants selon leur mode et leur degré d’intégration au sein de l’Ecole HEC. La justesse de ses travaux déjà vieux de près de quinze ans avaient déjà été confirmée peu ou prou par certains de nos précédents sondages (voir notamment les sondages #1 et #3). En dépit de quelques évolutions, la « dynamique » – bien qu’on pourrait plutôt parler de « statique » – semblait s’être confirmée au fil des ans. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’aujourd’hui encore l’établissement d’origine est fortement corrélé au niveau de satisfaction globale de l’étudiant.

Ainsi ceux qu’Yves-Marie Abraham appelait « les héritiers » (qu’on retrouve nombreux parmi les grandes prépas privées) sont de loin les mieux intégrés sur le campus et sont logiquement ceux qui affichent le taux de satisfaction le plus élevé concernant l’action des associations, en particulier des bureaux et de la JE (où ils sont souvent présents en nombre). Le constat n’est pas tellement différent pour les élèves issus des grandes prépas publiques qui partagent de nombreux points communs avec leurs camarades du premier groupe. Au premier rang duquel – et cela constitue sûrement l’interprétation la plus logique à ces résultats – le fait d’intégrer en nombre et donc de disposer d’une base sociale déjà développée en arrivant à HEC. S’ajoute à cela le fait d’avoir bien souvent par ses connaissances familiales ou amicales une bonne appréhension du milieu et de la vie en école en commerce.  Cela permet donc un temps d’adaptation court, ce qui a une importance forte quand on sait que tout peut se jouer très vite se jouer à HEC à cause des campagnes qui arrivent très tôt (JE) et de la GEP L3 qui réduit à quatre mois le temps passé sur le campus en 1A.

A contrario, les étudiants issus de prépas plus intimes ne jouissent pas d’un tel degré d’intégration et ont certainement tendance à plus se reporter sur les cours dont ils se montrent – peut-être à défaut – nettement plus satisfait que tous les autres groupes. Un constat partagé pour les élèves ayant intégré via les voies d’admissions parallèles (IS/DD/AD). Ce dernier groupe qui n’était pas évoqué dans l’étude de 2005 (beaucoup moins développé alors) se démarque notamment par une satisfaction très en deçà concernant la vie associative. Le jeu des années leur offre souvent moins de place dans celles-ci et ils restent très marginaux dans leur gestion. Ce constat d’autant plus sévère pour les IS qui ne peuvent s’investir que dans quelques associations (citons HPR ou Backstage). Finissons par le résultat le plus étonnant : alors que tous les groupes affichent le même taux de satisfaction de l’admin (2,1), les AST accordent une note de 2,5.

Complément : analyse en composantes principales

Notes

  1. Rappelons néanmoins que la réponse à cette question était facultative et que de nombreux M2 et VM ont aussi choisi de ne pas se prononcer