QPV#6b Satisfaction GEP / Licence

Les résultats qui suivent sont extraits d’une enquête de satisfaction diffusée le 22 mai aux étudiants francophones du parcours Grande École. Nous remercions très sincèrement les 656 votants qui ont répondu à ce sondage.

Quelques chiffres à retenir pour briller en société

  • 4,6/5, c’est la moyenne que les GEPeux1 donnent à leur choix de s’éloigner de Jouy. Il me semble que la misère… serait moins pénible au soleil !
  • Un tiers, c’est la proportion des élèves ayant choisi le parcours licence et qui regrettent leur choix. « Faites licence », they said. « It’ll be fun », they said…
  • 3,9/5 et 3,8/5, ce sont les moyennes de satisfaction des licences les plus appréciées : respectivement l’introduction aux sciences cognitives avec l’ENS Ulm, et la licence humanités à Paris IV. Ah, le quartier latin
  • Les GEP au Royaume-Uni et en Irlande sont les moins appréciées, avec 3,5/5 de moyenne. Là-baaaas, au Connemaaaaaraaaaaa !
  • Avec une moyenne de 4,4/5, le DD ENSAE et la licence de droit sont les filières qui réclament le plus de travail. Sta(t)khanovistes.
  • 4,9/5 de satisfaction, et 4,7/5 pour les possibilités de voyage, ce sont les scores impressionnants des GEPs en Amérique Latine. Unanimité à la turkmène.
  • « Mon grand père a fumé toute sa vie. J’avais 10 ans quand ma maman lui a dit, « si tu veux pouvoir un jour assister à la remise de diplôme de tes petits enfants, tu dois t’arrêter immédiatement ». Ses yeux se sont embués de larmes quand il réalisa quels étaient les vrais enjeux de cela. Il a tout de suite arrêté. Trois ans plus tard, il est décédé d’un cancer des poumons. C’était tellement triste, et ça m’a ravagé. Ma mère m’a alors dit « Ne fume jamais. Je t’en supplie, ne fais pas subir à ta famille ce que ton grand père nous a fait subir. » J’étais d’accord. À l’âge de 20 ans, je n’ai jamais touché à une cigarette. Je dois dire que je ressens un léger sentiment de regret de ne l’avoir jamais fait, puisque cette licence d’éco m’a donné le cancer de toute façon. » Moment émotion dans les commentaires laissés sur chaque parcours, que vous pouvez consulter en fin d’article.

Résultats globaux

Nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que notre échelle de satisfaction va de 1 à 5 et non de 0 à 5 ; la note moyenne est donc de 3/5 et non de 2,5/5. L’analyse doit en tenir compte.

Analyse des résultats généraux

Le choix GEP-Licence est LE grand choix auquel les nouveaux-venus de L3 sont confrontés, une ou deux semaines seulement après leur rentrée à HEC. Les retours partisans, les « Partez en GEP » et les « Faites licence » pleuvent sur le campus, notamment au forum GEP/Licence. Qui croire, et que croire ?

Points faibles des licences

  • Les étudiants en licence se plaignent de devoir rester à Jouy, de relations bien souvent conflictuelles avec l’administration de l’université ou école partenaire, avec un emploi du temps souvent incompatible dans chacun des cursus.
  • Certaines licences pâtissent aussi de la situation géographique du campus de Jouy, sur lequel la quasi-totalité des étudiants vivent : il faut rapidement compter une heure ou une heure et demie pour se rendre à la Sorbonne (Humanités) ou à Paris I (Maths). Les étudiants en licence bénéficient néanmoins d’un emploi du temps assez léger, puisque nombreux sont ceux qui ne vont qu’assez rarement en cours, se contentant des TDs.
  • En droit et en DD ENSAE, l’importante quantité de travail revient extrêmement fréquemment : si on veut faire un break après la prépa, ce n’est pas le bon plan du tout.
  • Enfin, il faut garder à l’esprit que les exigences internationales de HEC sont assez lourdes : rester sur le campus en L3 et en M1 est généralement synonyme de stage obligatoire à l’étranger en césure (même s’il existe des échanges en M2).

Un point positif toutefois : les portes des assos leur sont largement ouvertes, et ils bénéficient des quotas les plus avantageux afin de lister BDA, BDE, ou JE.

Le talon d’Achille des GEP

Lorsqu’on demande aux anciens GEPeux ce qu’ils auraient aimé savoir avant de faire leur choix, c’est cette vie associative, talon d’Achille de la GEP, qui est fréquemment évoquée.

  • Les GEP M1 (qui partent au premier semestre de deuxième année) se plaignent de la difficulté de concilier ce parcours avec des postes à responsabilité (« au bureau« ) des associations2 ou encore du peu de temps pour chercher leurs stages de césure qu’implique un retour tardif sur le Plateau (vers décembre). Cela est d’autant plus problématique que bon nombre de forums (finance, conseil) ont lieu au premier semestre de M1 à HEC, ce qui rend le fameux networking difficile. Enfin, en rentrant à Jouy, une pluie d’électifs obligatoires s’abat sur les GEP M1.
  • Les GEP L3 se plaignent souvent de devoir quitter le campus si tôt, au moment même où des amitiés solides commencent à se former, et de la difficulté à lister pour eux.

Et pourtant, la GEP domine…

Malgré les tares de ce parcours, la satisfaction des GEPeux concernant leur choix est nettement plus élevée que celle des étudiants ayant suivi une licence, pourtant synonyme d’une vie de campus par bien des aspects plus épanouie.

  • Cela tient tout d’abord aux cours, assez appréciés par les étudiants de HEC partis en échange : les cours de GEP obtiennent une moyenne de satisfaction très honorable de 3,5/5 3. La raison est difficile à expliquer, si ce n’est peut-être par le choix de cours bien plus vaste et moins orienté business que ceux à HEC, qui permet à de nombreux étudiants d’obtenir des cours « alternatifs » (Feminist and Queer Theories : Past and Present à Johns Hopkins, par exemple), plus raccords avec leurs centres d’intérêt. Cela est permis par la taille critique atteinte par les universités partenaires, qui permet à tous les cours – même les plus excentriques – de trouver leur public. Enfin, en GEP, tous les cours sont choisis par les étudiants, quand à HEC les 3/4 des cours sont non-choisis.
  • Evidemment aussi, GEP rime bien souvent avec « touchette », avec – pour la plupart des étudiants – moins de 12h de cours par semaine, ce qui laisse pour beaucoup de la place pour des voyages à bas coût, notamment en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est (Singapour et Hong Kong sont à cet égard parmi les meilleurs choix) ; ou avec une vie culturelle épanouissante (Freie Universität, New York University, USC Marshall).

Pour les choix de GEP, de l’autocensure est parfois nécessaire, et il faut garder en tête que les destinations américaines et canadiennes sont bien souvent nettement trop demandées, mieux vaut donc assurer le coup afin de ne pas se retrouver avec un choix de GEP au 2nd tour, où seules restent quelques destinations européennes.

Résultats détaillés par licence

Commentaire des résultats détaillés par licence

Nous espérons que vous êtes maintenant décidés dans votre choix entre GEP et licence. Si vous lisez ce paragraphe, c’est sûrement que c’est vers la licence, la vie de campus, et l’interdisciplinarité que votre coeur se tourne.

L’offre de HEC sur les licences est assez pléthorique, nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il y en a pour tout le monde, mais dans l’idée, il y a de ça. Des licences de droit, d’histoire, d’histoire des arts, de philosophie, de sociologie, et d’économie sont disponibles. Un parcours autour des sciences cognitives avec l’ENS Ulm est également proposé. Est assimilé ici à un choix de licence le DD HEC-ENSAE, qui a ses particularités propres, et qui aura un paragraphe pour lui.

En quoi consiste le parcours licence en lui-même ? Tout simplement, en une scolarité allégée à HEC en L3, afin de suivre (et de valider) une licence dans une discipline moins business. Il existe une possibilité de poursuivre un M1 en parallèle de HEC pour la plupart des licences. Mais alors Jamy, quelle licence choisir ?

Ulm et Paris IV au top

La licence la plus appréciée par ses alumnis est – de peu – l’introduction aux sciences cognitives à l’ENS Ulm, devant les licences en humanités (notamment Philosophie, Histoire) avec Paris IV (La Sorbonne). En ce qui concerne la licence en humanités, au-delà de la qualité des cours et de l’intérêt relatif des étudiants pour le sujet, la très faible quantité de travail demandé joue un rôle non négligeable dans son appréciation. Les gens qui choisissent la licence pour se consacrer corps et âme à la vie associative en sortent donc heureux.

De plus, avoir des cours académiques, historiques ou philosophiques, permet d’agir pour le continuum prépa/HEC car – même si cela peut vous sembler absurde si vous vous apprêtez à intégrer HEC à l’heure où vous lisez ces lignes – la prépa manque par certains aspects à bien des étudiants.

Les perdants : droit et économie

A contrario, loin derrière, on retrouve la licence de droit et la licence d’économie.

Si la licence d’économie se fait tacler sévèrement (1,7/5), c’est non seulement à cause des récents événements à Tolbiac, mais aussi car de nombreux étudiants se retrouvant dans cette filière avaient mis en premier choix Humanités à Paris IV, et en ont été refusés. De là, les élèves de cette filière sont souvent ininteressés par les cours qu’ils reçoivent, par ailleurs réputés de pauvre qualité.

Quant à la licence de droit, les raisons sont plus complexes et diverses. Une charge de travail très massive (score de 4,4/5) rebute certains, dans un contexte où – l’an dernier – lors des forums de présentation de la licence de droit, la charge de travail avait été largement sous-vendue. Sont aussi nuisibles les difficiles relations avec l’université de Versailles, où l’esprit anti-HEC règne parfois, et dont la coopération avec l’administration de HEC est très faible. Ainsi, des désagréments sont à prévoir, notamment des désaccords quant aux semaines de vacances (Printemps, Hiver), qui privent tout simplement les étudiants de vacances entre janvier et mai.

Quelle licence de maths choisir ?

Dans le duel de licences de maths entre Paris I et Orsay, c’est Orsay qui triomphe assez largement, notamment grâce à sa préparation réputée meilleure pour Polytechnique, et grâce à sa proximité avec HEC qui ne transforme pas les déplacements en calvaire. Faire une licence de maths est par ailleurs quasi indispensable pour prétendre à un des nombreux doubles-diplômes en ingénierie que propose HEC

Le DD ENSAE et ses particularités

Le double-diplôme ENSAE a un déroulement un peu spécial, puisque tout le deuxième semestre se déroule à l’ENSAE, à Palaiseau. Si le nombre de covoits est suffisant, il faut compter 15mn par voyage. Sinon, prévoyez la galère.

La charge de travail, aussi intense qu’en droit (4,4/5) ne permet a priori pas de choisir cette filière dans le seul but de s’impliquer dans la vie associative si l’on tient à garder une bonne GPA. Les cours du second semestre, très théoriques, ne sont que peu comparables avec les maths de prépa commerciale, et l’emploi du temps est très chargé, mais condensé : 8h45-18h30 trois jours par semaine au second semestre, mais en week-end dès le jeudi après-midi.

Beaucoup d’étudiants se sont dits déçus de la vie étudiante quasi inexistante de l’école de Palaiseau, dans un contexte où l’administration de l’ENSAE n’a pratiquement rien fait pour intégrer les double-diplômants que ce soit vis-à-vis de la promotion, ou des dispenses de cours.

Si l’administration de l’école du big data laisse clairement à désirer, le grand point fort de ce double-diplôme est l’aménagement des cours avec HEC, bien meilleur qu’avec les licences, même si – l’an dernier – le suivi des cours de l’ENSAE était difficilement compatible avec la pratique sérieuse du foot ou du rugby : au premier comme au second semestre, des cours obligatoires figuraient le mardi après-midi, jour d’entrainement.

Bien évidemment, le CV s’en trouve considérablement embelli.

Conclusion

Au total, si le choix de la licence doit se fonder sur les affinités avec la matière enseignée, les critères pratiques tels que la distance (+ pour le DD ENSAE, les licences de droit et maths Orsay), ou la charge de travail requise (+ pour humanités à Paris IV ou économie) ne doivent pas être négligés selon ce que chaque étudiant veut faire cette année, notamment en ce qui concerne la vie associative et nocturne. Enfin, dans la plupart des licences à gros effectif (comme le DD ENSAE), un véritable esprit de promotion se met en place, créant ainsi des liens humains intéressants, comme au sein d’une GEP.

Chaque étudiant peut maintenant définir ses critères de choix, selon ce qu’il veut faire de son année à HEC, et choisir sa licence en conséquence. Si vous avez des questions supplémentaires, un avis objectif vous sera donné par notre avatar Facebook Mike Upévé.

Résultats détaillés par GEP

Commentaire sur les résultats des GEP

Vous souhaitez faire une GEP ? Reste à choisir la destination.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’une GEP ? La GEP, c’est le Global Exchange Program, le programme d’échanges international de HEC pour ses deux premières années. On distingue GEP L3, dont les étudiants partent au deuxième semestre de 1ère année, et GEP M1, dont les étudiants partent au premier semestre de deuxième année.

  • Empiriquement, la GEP L3 semble préférée à la GEP M1, puisque vivre tout le M1 à HEC est un avantage professionnel et associatif indéniable : la satisfaction des étudiants partis en GEP L3 sur ce choix est de 4,7/5, contre 4,4/5 pour les GEP M1.
  • Cette différence d’appréciation s’oppose à une intégration à HEC considérée comme meilleure par les GEP M1 que par les GEP L3 : 3,8/5 contre 3,6/5, dans un classement néanmoins dominé par les licences4. Cela peut s’expliquer par la frustration ressentie par certains GEP M1 de s’être impliqués dans des assos toute leur L3, tout en étant sacrifiés pour les postes à responsabilité en deuxième année sur l’autel de la nécessaire présence des cadres du bureau. De là, ils sont de facto mieux intégrés, sans que cela se répercute sur leurs postes associatifs, ce qui peut être frustrant et diminuer la note attribuée au choix de la GEP M1 relativement à la licence universitaire.

Selon les résultats obtenus, il y a une vraie corrélation entre l’exotisme de la destination, et la satisfaction quant au choix exprimé. Les GEP les moins appréciées sont les plus proches de la France, en Europe, et particulièrement dans les îles britanniques. La faute à des possibilités de voyage restreintes (les moins bonnes de toutes les GEP), dans un contexte où les voyages sont bien souvent ce que recherche l’étudiant qui part en GEP. En effet, la côte de popularité stratosphérique des GEP Asie/Pacifique (4,8/5) n’est pas ternie par des cours franchement décevants (3,1/5) grâce à des possibilités de voyage démentielles (4,5/5). Cela prouve que l’étudiant qui part en GEP n’accorde en réalité qu’assez peu d’importance aux cours face à l’expérience humaine que constitue un déménagement à l’étranger pour 4 mois en moyenne, souvent ponctués de voyages.

De toutes les GEP, à cet égard, l’Amérique Latine et les GEP Asie/Pacifique se distinguent, notamment grâce aux grands effectifs de GEPeux dans des hubs (Singapour, Hong Kong) d’où il est très simple de voyager partout sur le continent. Mais c’est surtout le prix relativement peu élevé des voyages (l’aller-retour Singapour-Bali se fait pour 140€) vers des destinations très exotiques qui permet à ces GEP d’être particulièrement appréciées.

Par ailleurs, si les échanges aux pays de Donald Trump et Justin Trudeau sont toujours parmi les plus plébiscités, ce ne sont pourtant pas les plus appréciés. Malgré des cours excellents – se distinguant notamment par leur originalité – les très grandes distances et la cherté de la vie dans des pays aussi développés restreignent les opportunités de voyage, particulièrement au Canada (4,0/5).

Somme toute, il faut absolument garder en vue que – dans absolument tous les cas sauf pour les échanges vers les îles britanniques -, la GEP reste une expérience particulièrement prisée, où qu’elle soit, et que les points forts et faibles des unes et des autres ne font varier cette expérience qu’entre le très bon et l’exceptionnel.

Néanmoins, la GEP a un prix, et son budget est quoi qu’il en soit bien souvent sous-évalué, alors qu’il faudrait y prêter attention. Si en Europe, les budgets sont souvent raisonnables, il faudra compter beaucoup plus pour voyager aux Etats-Unis. A cet égard, nous vous invitons à consulter les rapports de mobilité des étudiants partis en GEP.

Chaque étudiant peut maintenant définir ses critères de choix, selon ce qu’il veut faire de son année à HEC et ailleurs, et choisir sa GEP en conséquence. Si vous avez des questions supplémentaires, un avis objectif vous sera donné par notre avatar Facebook Mike Upévé.

Commentaires des votants

Les votants avaient la possibilité de laisser un commentaire afin de développer leur point de vue sur la filière qu’ils ont suivie. Afin de faciliter la lecture, nous mettons à votre disposition ces commentaires dans un tableur disponible en cliquant ici. Attention, celui-ci contient deux feuilles : une pour les GEP, une pour les licences.

Notes

  1. Personnes étant parties en échange universitaire lors de leur première ou deuxième année à HEC
  2. Il existe bien souvent des quotas d’étudiants en GEP M1 dans les bureaux des assos, la présidence leur est bien souvent fermée
  3. Près de deux fois supérieure à la moyenne de satisfaction des cours à HEC
  4. Chiffres extraits du QPV#6a à paraître