QPV#5 Sport

Nous remercions très sincèrement les 584 votants qui ont répondu à ce sondage.

Quelques chiffres à retenir pour briller en société

  • 65% d’entre vous considérez que le sport revêt une place importante ou très importante dans votre vie à HEC. Sport études.
  • 43% des sondés disent adorer l’ambiance qui règne au sein de leur club. Toutefois, ce chiffre monte à 79% pour le club roi de l’ambiance, le handball. Més que un club.
  • La moitié des HEC sont au foot, au rugby, ou au Fight Club. Hégémonie.
  • Avec 4,95/5 et 4,7/5, le RCH (Rugby masculin) et le CF (foot masculin) sont les clubs les plus axés sur les traditions… Les valeurs de l’ovalie…
  • … Avec un succès mitigé, puisque parmi les 5 clubs masculins ou mixtes où la tradition a une importance significative, ces deux clubs sont respectivement 3ème et 4ème en ce qui concerne le caractère appréciable de ces traditions.. Trop de tradition tue la tradition?
  • 2/3 du campus font entre 2 et 4 entrainements par semaine. Summer body.
  • La moitié des sondés est d’avis que les clubs de sport mettent en général trop de pression sur leurs membres. Chill, c’est qu’un jeu…
  • 73% des sondés disent suivre les JO d’été, qui sont – assez logiquement – l’événement sportif le plus suivi du campus. Paris 2024 ♥
  • 72% des hommes sondés sont déjà allés voir un ou plusieurs événements sportifs au cours de l’année, contre 49% des femmes sondées. Société genrée.

Résultats globaux

Nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que notre échelle de satisfaction va de 1 à 5 et non de 0 à 5 ; la note moyenne est donc de 3/5 et non de 2,5/5. L’analyse doit en tenir compte.

Résultats sport par sport

Les graphes ci-après permettent de comparer les moyennes obtenues par chaque club sportif aux différentes questions posées. Nous proposons des résultats détaillés sport par sport dans ce fichier PDF qu’il est conseillé de consulter pour une meilleure compréhension du sens de ces moyennes et de la répartition des votes.

Résultats selon le genre de l’individu

Analyse générale

Dans cet article sont faites beaucoup de conjectures, qui n’engagent que leur auteur. Tous les chiffres avancés sont véritables, les interprétations sont un commentaire subjectif des chiffres par l’auteur, qui ne prétend pas exposer une réalité, mais sa vision de la réalité, fondée sur des faits. Les explications avancées sont donc des hypothèses, auxquelles vous êtes libres d’adhérer, ou non.

On pouvait s’y attendre : notre étude prouve le caractère prépondérant qu’a le sport dans la vie à HEC. Notre étude prouve – et il est très important de le rappeler dès le début de l’article, que tous les « gros » clubs de sport (Club Foot, FHF, RCH, FHF, Fight Club, Aviron, Hand) rencontrent un assez fort succès, dès lors que tous ont une moyenne d’ambiance supérieure à 3/5. Toutes les comparaisons de l’article entre les plus gros sports visent donc à analyser pourquoi tel club a plus de succès que tel autre, mais il faut toujours garder en tête que chacun des gros clubs analysés est parvenu à faire de son ambiance un succès. Dans un contexte où la semaine est bien souvent rythmée par les entrainements physiques du lundi, les entrainements du mardi et les matchs du jeudi pour les plus chanceux, cela ne faisait a priori qu’assez peu de doute. L’on pouvait néanmoins douter de la propension avec laquelle cet engouement – parfois nouveau, en particulier dans le sport féminin – pour un sport relevait véritablement de la bonne foi, et non d’une volonté d’intégration sociale, eu égard à l’importance ressentie du sport sur le campus. Selon le sondage, cette volonté est assez marginale dans le choix du sport (2,5/5 de moyenne, la neutralité étant à 3/5). Cependant, la question portait sur les liens entre choix du sport et intégration sociale, et non sur les liens entre pratique d’un sport, quel qu’il soit, et intégration sociale. Cette dernière question aurait pu donner des résultats assez différents. Quoi qu’il en soit, même sur cette question qui donne des résultats partiels, nous remarquons que les filles font en général plus attention à l’intégration sociale pour le choix de leur sport : les deux clubs pour lesquels ces valeurs sont les plus élevées (et les deux seuls pour lesquels la moyenne est supérieure à 3, autrement dit pour lesquels l’intégration sociale a joué un rôle moteur dans le choix du club) sont le FHF (foot féminin, 3,1/5), et surtout le FHR (rugby féminin 3,3/5). On remarque bien, en outre, la forte corrélation qui lie le genre féminin et la découverte d’un sport à HEC, principalement pour le cas – éloquent s’il en est – du rugby : 75% des filles ont découvert ce sport à HEC. Avec l’aviron, sport nettement moins médiatisé et plus confidentiel, c’est la valeur la plus haute recensée. Ce caractère moins impliqué dans le sport en moyenne des filles se retrouve aussi dans la pression qu’elles ressentent dans les clubs de sport en général, donc les valeurs observées sont nettement supérieures à celles des hommes (58% en ressentent trop ou beaucoup trop, contre 40% chez les hommes).

Au-delà de ces différences de genre, somme toute assez attendues lorsqu’on constate empiriquement le taux de filles quittant le FHF depuis novembre comparé au nombre de garçons quittant le CF ou le FHR depuis la même période, révélateur de l’importance moins importante que revêtent ces sports pour ces dames, quelques remarques sont à faire. Les résultats généraux montrent une grande affection pour le sport qu’on pratique, doublée à une désaffection relative des autres sports. Typiquement, la seule question portant sur les sports en général (« Les clubs mettent-ils trop de pression ? ») est celle qui a obtenu les résultats les plus critiques. L’importance des traditions, capitales dans certains sports et ne conduisant pas nécessairement à une augmentation du bien-être général (surtout dans les périodes d’intro et de passation, où l’on peut être réveillé dans la nuit, être forcé à boire, devoir participer à des entrainements très tôt ou tard) est assez décriée, et elle l’est d’autant plus que ces traditions sont prégnantes : 40% de gens ne se disent pas satisfaits des traditions du CF, 53% de celles du FC. Cela est certainement dû à la posture autoritaire et hiérarchique de certains clubs de sport en première année, qui semble tout de même ternir l’expérience du sport. Du moins semble-t-elle polariser l’expérience entre ceux qui adorent, qui considèrent bien souvent que ce qu’ils ont vécu ensemble lors de l’intro, ou via le mépris affiché des 2A envers eux (exemple du RCH, par exemple) est de nature à former un esprit de groupe, un esprit de clan ; et ceux qui n’apprécient pas cette ambiance, et qui quittent le club dès les premiers entrainements, ou en souffrent un peu toute l’année, se démarquant par une moindre assiduité aux événements associatifs n’ayant pas trait au sport en lui-même. Ce n’est en effet sûrement pas un hasard si le grand vainqueur de ce sondage, le club hand, est un club aux procédures d’intronisation et de passation douces et plutôt consensuelles, avec un lien qui semble assez peu hiérarchique vis-à-vis des 2A.

L’on constate donc ces deux modes d’intégration au sein des clubs de sport, qui chacune ont leur efficacité : d’une part, les clubs qui insistent énormément sur les traditions et les rapports hiérarchiques en espérant créer (et – le plus souvent – cela réussit) un véritable esprit de famille, d’où les moins motivés sortent rapidement, et des modèles aux procédures plus douces, comme le hand, où – si l’esprit de cohésion est un peu moins important que dans le premier mode d’intégration – même des étudiants moins impliqués (les handballeurs et handballeuses font 0,7 entrainements de moins que les rugbymen) y trouvent leur compte. Il y a enfin un troisième type de club : des petits clubs, qui trustent souvent les dernières places en ce qui concerne la satisfaction et l’implication : l’escrime (1,14 entrainement par semaine, 2,29/5 pour l’ambiance), le golf, le swim club, le judo typiquement. Ces clubs se subdivisent en deux sous-catégories : ceux qu’on peut pratiquer à HEC, dont la côte de popularité reste assez élevée, quoique moins élevée que celle des 5 gros clubs (foot, rugby, boxe, hand, aviron), tels que le basket et l’escalade, et ceux que l’on pratique hors du campus (judo, golf, escrime par exemple), dont les représentants souffrent d’un certain manque de motivation (judokas, golfeurs et escrimeurs sont ceux qui font le moins de sport par semaine), imputable à la fois à une ambiance qui n’est pas au beau fixe, à de très faibles effectifs, et à l’obstacle qu’est l’impossibilité de pratiquer ces sports sur le campus. Ici, l’administration de HEC et la gestion du plateau de Saclay en général sont critiquables : bien souvent, aucun moyen autre que le covoiturage n’est disponible pour se rendre à la piscine ou sur les tatamis. Ces trois explications forment un cercle vicieux, qui conduit les nouveaux arrivants à rapidement se démotiver, à moins s’impliquer, et à moins aimer leur club.

Venons-en maintenant au match tant attendu foot-rugby : faites vos jeux, prêts, partez !

Le rugby sort vainqueur du duel pour la meilleure ambiance, avec un impressionnant 0% de rugbymen souhaitant quitter le RCH à l’issue de cette année, ce qui s’explique à la fois par l’esprit de cohésion mentionné plus haut, par le statut social que confère le fait d’être au rugby, qui est un atout aussi bien relationnel que professionnel sur le long-terme, mais aussi par le fait que les gens étant arrivés à la passation du club rugby (au moins) sont nécessairement ou presque des aficionados soit du sport en lui-même, soit de l’ambiance du RCH, soit des deux. Plus impliqués dans leur asso (4,1 pour le CF, 4,6 pour le RCH en ce qui concerne l’importance du sport dans leur vie à HEC), les rugbymen se sentent mieux avec les traditions de leur club que les footeux, ce qui semble assez logique eu égard au scandale qu’ont pu provoquer certaines traditions du foot au sein de la promo H21. Pour l’anecdote, nous remarquerons les rugbymen pour leur haut sens de l’autodérision : le club du Josas, plus connu pour ses BAB que pour ses victoires, plus connu pour ses histoires que pour son Histoire, est tout de même le 3ème club qui accorde le plus d’importance à la performance (3,8/5). Peut-être égaleront-ils donc sous peu leurs consoeurs bien-aimées du FHR, encore championnes de France des ESC cette année ! L’espoir est permis.

Chez ces dames, le FHR (rugby) sort assez largement vainqueur de sa confrontation avec le FHF (foot), deuxième club avec la moins bonne ambiance parmi les 7 clubs majeurs (juste devant le Fight Club, avec 3,4/5). Notons néanmoins que la note attribuée au FC a pu être biaisée par la passation qui a fait des déçus la veille de la publication de ce questionnaire. Quoi qu’il en soit, le groupe vit bien en ce qui concerne le FHR, avec les mêmes tendances que celles qu’on avait pu constater pour les hommes : les rugbywomen s’entrainent plus (3,1 entraînements par semaine contre 2,6), apprécient plus l’ambiance (4,2/5 contre 3,4/5), notamment via des traditions plus importantes et appréciées (4,4/5 contre 3,9/5). Cela se manifeste aussi empiriquement au vu du nombre de filles ayant quitté le FHF pour rejoindre d’autres horizons, notamment celui du lit, beaucoup plus confortable que le sol du gymnase les lundis soirs.

Quoi qu’il en soit, il reste assez surprenant de constater cet engouement extrêmement important pour le sport, part de la vie qui – nécessairement – avait bien souvent été réduite à la portion congrue pendant les deux, voire trois années de classes préparatoires qu’ont vécu l’immense majorité d’entre vous. L’on peut conjecturer néanmoins que la fréquence et l’intensité avec laquelle le sport est pratiqué, avec une importante pression des plus gros clubs sur l’assiduité, semble un peu ternir l’expérience de certains, qui ne cherchent pas à faire de la compétition à tout prix, ni à devenir excellents dans leur sport, mais bien plutôt à passer un bon moment une fois par semaine à faire un foot avec des potes, sans entraînement particulier, sans entraînement physique. Cet aspect du sport récréatif semble manquer à HEC, où les clubs de sport se prennent selon l’avis général plutôt trop au sérieux (seuls 33% d’entre vous disent ne pas sentir de pression outre-mesure de la part des clubs de sport). Sur le modèle des universités américaines, le sport est donc bien une institution extrêmement importante à HEC, comme par ailleurs dans de nombreuses écoles du Plateau, typiquement  Polytechnique – où le sport est le moteur principal de l’intégration sociale – ou l’ENSAE, où le sport est devenu obligatoire. Explicable par l’intégration sociale, ce phénomène l’est aussi sûrement par une nécessité ressentie par certains de repratiquer du sport après la prépa, et par de nombreux incentives pour le sport proposés par HEC, typiquement l’instauration d’électifs sport, manière très simple d’obtenir des bonnes notes si l’on fait preuve d’assiduité (ou si on est potes avec le/la prez’, on te voit, toi, là-bas, dans le fond en train de chibrer). On peut néanmoins regretter cette préférence absolue pour le sport de la part de l’administration HEC : si donner des encouragements à faire du sport semble être une bonne chose, l’on pourrait aussi attendre que soient créés des électifs pour d’autres activités extrascolaires épanouissantes, typiquement la musique, la photographie, ou la peinture… 1) Les arts sont notamment les grands absents de ce choix fait par HEC, et c’est peut-être dans ces disciplines qu’excelleraient et que s’épanouiraient le mieux les 10% d’entre vous qui ne pratiquent pas de sport2.

Pour les autres, que votre objectif soit de chopper cet été sur la plage, d’avoir un mode de vie sain, ou de devenir champion du monde universitaire, vous semblez tous être des fans de sport, et des fans du sport à HEC. Mais êtes-vous fans de HEC en général ? Seul l’avenir nous le dira… peut-être.

Notes

  1. Ou les sondages ?
  2. Part de votants qui ne font aucun entrainement et ne vont jamais à la salle