QPV#21 Mobilité et transports

Cette enquête a été adressée le 16 mai 2019 aux étudiants francophones du programme Grande École. Un grand merci aux 494 votants. Le formulaire-type est disponible ici.

Chiffres clés

  • 6% seulement des Jovaciens ne souhaiteraient pas travailler à l’étranger. Travail, Bif, Patrie.
  • 60% des sondés ne passent aucun WE sur le campus. Le campus est ouvert le week-end ?
  • 62% des répondants ont leur permis, 18% ont une voiture. Les autres ont juré s’y mettre à fond l’année prochaine.
  • 63% des HEC interrogés utilisent fréquemment le RER C, qui est le mode de transport le plus fréquemment utilisé pour 33% d’entre eux. Logique, étant donné qu’il est en travaux le reste du temps.
  • 100% des répondants ont déjà voyagé à l’étranger. Leur destination préféré ? Le Josas.
  • 38% du pannel considèrent les USA comme pays étranger de rêve pour travailler. Feront-ils une différence aux élections 2020 ?
  • 5% seulement des HEC partent en voyage pour le chill, 48% pour l’aspect culturel. [Entretien d’école de commerce starts playing]
  • 60% des répondants aimeraient trouver un CDD/CDI à l’étranger. L’oseille serait plus verte chez le voisin.

Résultats

Les résultats interactifs sont accessibles en cliquant ici. Attention il y a deux pages à consulter ! Pour passer de l’une à l’autre, utiliser les flèches en bas de l’écran.

Analyse

 

1. Perspectives de mobilité professionnelle à HEC

On constate d’emblée qu’une très faible minorité (6%) de Jovaciens ne souhaiterait pas travailler à l’étranger. Plus encore, on compte davantage d’étudiants qui se plairaient à passer une grande partie (>20 ans) de leur vie professionnelle à l’étranger que d’étudiants qui comptent rester en France pour toute leur carrière ! Toutefois, la plupart des étudiants entendent faire carrière en France à long terme. En effet, 50% des répondants ne pensent pas travailler à l’étranger plus de 5 années de leur vie professionnelle. Chacun chez soi et les hippopotames seront bien gardés !

Concernant les motivations, la grande majorité des Jovaciens souhaitant partir à l’étranger est motivée par une curiosité inaliénable, qui réunit la découverte d’une culture (84%) et l’envie d’aventure (72%).

La raison pécuniaire n’est évoquée que par un étudiant sur quatre pour justifier sa volonté de carrière à l’étranger. Néanmoins, ce chiffre varie fortement en fonction des destinations de rêve des répondants : quand ceux qui rêvent de la Perfide Albion ou du pays de la zone 51 prônent respectivement à 44% et 38% un départ motivé par les écus, la statistique passe sous la barre absolument pas symbolique des 18% pour le Canada et notre voisin allemand ! Money, money, money, always sunny in the rich man’s world…

Dans quel cadre les HEC préféreraient-ils travailler à l’étranger ? L’écrasante majorité des étudiants préfèrent partir à l’étranger dans le cadre d’un CDD ou d’un CDI (60%) : il s’agit donc a priori d’une expérience de moyen à long terme, plutôt que d’un simple voyage prolongé. La volonté de découvrir une culture se trouve ici illustrée : la découverte culturelle d’un pays exige en effet un séjour plutôt long pour s’en imprégner…

Par ailleurs, on compte légèrement plus d’étudiants susceptibles de partir en stage (16%) qu’en volontariat international en entreprises (VIE, 15%), peut-être aussi par méconnaissance de ce dernier statut : il permet à tout jeune âgé de 18 à 28 ans de partir travailler entre 6 et 24 mois à l’étranger pour œuvrer au développement d’une entreprise française à l’étranger. Le VIE est généralement assez bien payé (724€/mois + indemnisations selon le pays ; le salaire brut total dépasser très souvent les 2000€) et l’entreprise y est favorable car elles sont défiscalisées en cas de VIE ! Comme le prône si bien Alpha Wann, « le VIE c’est technique comme le foot en Espagne »

Le moyen de trouver un travail à l’étranger le plus répandu à HEC reste la recherche personnelle hors LinkedIn, pratiquée par plus de 29% des étudiants. 18% des répondants utilisent principalement Jobteaser pour chercher des opportunités à l’étranger, en faisant la 2e réponse la plus populaire, devant les retours d’anciens et d’autres étudiants (17%), mais aussi devant les offres de stage par mail (15%). « Bordel, quand on rentre sur le site, on est venu sur Jobteaser, gagner du friiic »

Quelle est la destination rêvée des HEC ? Les États-Unis d’Amérique sont évidemment le pays de rêve de quelques 38% de Jovaciens, largement devant l’Australie (15%), le Royaume-Uni (13%) et le Canada (12%). Pas la première fois que la France s’intéresse à l’empire britannique… Les pays de rêve des HEC semblent finalement assez conventionnels : la soif d’aventure évoquée par 72% d’entre eux consisterait donc d’avantage à explorer par soi-même des sentiers battus, plutôt que de partir à la conquête de territoires encore vierges.

Notons cependant que parmi ceux qui ont déjà posé le pied en Océanie (quand même 74 personnes), 38% considèrent que l’Australie est le pays de rêve pour faire carrière, contre moins de 15% sur l’ensemble de l’échantillon… Il faut le voir pour le croire !

Que pensent les plus casaniers d’entre nous de la mobilité professionnelle internationale ? Au sein des 108 personnes qui préféreraient largement habiter sur le campus que dans la ville la plus visitée du monde même si notre campus jovacien était mieux desservi, 40% prévoient de travailler moins de 2 ans à l’étranger ou de rester en France tout leur carrière, contre seulement 27% en moyenne. Les habitudes de vie étudiante semblent donc avoir liées aux perspectives professionnelles : une faible mobilité à l’échelle de la vie quotidienne étudiante irait de pair avec une faible perspective de mobilité professionnelle à l’échelle internationale… On n’est pas bien à la maison ?

Cependant, l’attrait pour la mobilité dans la vie étudiante ne se traduit pas nécessairement par le rêve de destinations lointaines : des 127 répondants qui adoreraient pouvoir plus profiter de Paris malgré l’éloignement campusard, plus de la moitié classe l’Italie (23%), l’Allemagne (19%) ou le Royaume-Uni (10%) comme la destination idyllique pour faire carrière, contre 35% pour les trois réunis en moyenne ! Les destinations européennes les plus proches ont donc la cote parmi les plus épris de mobilité au quotidien. « Parisian thoughts, European perspectives » – ESCP Jouy-en-Josas

 

 

2. Les (im)mobilités à HEC

Du fait du léger enclavement du campus, la question des transports à HEC est un point assez sensible : comment s’organise la mobilité des étudiants face cet isolement ?

Cette mobilité réside dans les transports en commun pour la majeure partie des HEC : ils sont ainsi 58% à posséder un pass Navigo. La voiture est beaucoup moins répandue : seuls 31% des sondés sont les heureux propriétaires de leur propre véhicule. Enfin 24% ne possèdent ni pass Navigo, ni voiture. Notons une légère divergence selon l’origine des étudiants : les parisiens intra muros sont moins nombreux à posséder une voiture et plus nombreux à posséder un pass navigo ; la tendance est exactement inverse chez ceux qui habitent en province.

Parmi les transports en commun, la palme d’or revient au RER C (<3) : 63% des sondés déclarent le prendre fréquemment – mieux encore : pour un tiers du panel, c’est le mode de transport le plus fréquent. On peut supposer que cet usage intensif du RER C est imputable au fait qu’il s’agisse du transport en commun s’approchant au plus près du campus – plutôt qu’à un amour inconditionnel des retards et accidents voyageur.

Les navettes Savac sont également très souvent utilisées par les HEC : la navette HEC/Pont de Sèvres figure ainsi en deuxième position du classement de fréquence d’utilisation ; la navette HEC/Massy en quatrième position. Les étudiants semblent donc opter pour un itinéraire mélangeant transports publics et transports privés : la 9 à Pont de Sèvres ou la B à Massy + navette Savac. Plus encore, certains se tournent entièrement vers les transports privés : le covoiturage est ainsi le troisième mode de transport le plus fréquenté par les sondés – et le premier chez les propriétaires de voiture.

Ce classement fait ressortir la faiblesse des transports publics reliant HEC au reste du monde. Nous ne prétendons pas dévoiler ici un scoop, mais les résultats permettent de constater que les HEC sont prêts à payer des transports privés en plus de leur pass Navigo pour venir à HEC : ainsi 56% des possesseurs de carte Navigo utilisent souvent la navette Pont de Sèvres, 42% des covoiturages. L’insuffisance des transports publics est donc clairement mise en lumière. On notera cependant que les initiatives prises notamment par l’administration pour lutter contre cet enclavement sont appréciées : en témoigne le succès des navettes Savac.

Les Jovaciens ne semblent cependant pas égaux face à la souffrance causée par cet enclavement. À la question « préférerais-tu (aurais-tu préféré) habiter à Paris plutôt que sur le campus si HEC était plus accessible ? », les résultats sont en effet très partagés : 41% des sondés répondent oui, 43% non. Tous les HEC ne souffrent pas également du manque de transports : pour certains, s’il y avait eu plus de transports, leur vie aurait été assez différente puisqu’ils n’auraient pas vécu sur le campus ; pour d’autres, des transports plus nombreux auraient peut-être facilité leurs sorties mais leur vie serait restée essentiellement sur le campus.

La vision du projet de rapprochement des écoles du Plateau de Saclay témoigne également de la faiblesse des transports : seuls 1% des sondés estiment que ce projet de rapprochement est réussi. On peut donc affirmer que ce projet est (pour l’instant) un échec, ou du moins ressenti comme tel. Cependant, 78% des répondants y voient « un beau projet qui ne porte pour l’instant pas ses fruits » : non seulement les HEC souhaitent se voir développer plus de transports aux alentours, mais encore ils présentent un certain optimisme quant à la réalisation de cette perspective !

Cet optimisme est d’ailleurs fondé : le manque de transports à HEC ne tue pas toute mobilité. Les HEC continuent en effet à sortir souvent du campus, en dépit du manque de transport. Quelles sont les motivations les poussant à affronter le RER C pour quitter le nid jovacien ? La vie sociale semble la première motivation : 83% des répondants disent sortir du campus pour aller voir leurs potes et/ou leur moitié. Les HEC ont donc bien une sociabilité en dehors du campus ! La vie culturelle constitue une autre incitation : 51% des répondants sortent pour aller à un concert / opéra, 33% pour aller au cinéma. La motivation peut également être économique (donner les cours pour 42%), professionnelle (des networking pour 32%), sportive (des événements sportifs pour 32%)… Les occasions de s’aventurer hors de Jouy-en-Josas ne manquent donc pas !

On constate de plus que la majorité des répondants (60%) ne passe aucun week-end sur le campus. Sans doute la désertification du campus le dimanche pousse-t-elle les rares survivants à la fuite – entraînant ainsi un cercle vicieux du vide… Il y a cependant là un effet de structure important : 66% de nos répondants sont parisiens ou banlieusard ; or dans cette catégorie, 83% ne restent jamais sur le campus le week-end – contre 20% chez les habitants de province. Ainsi, quitter le campus tous les week-ends reste essentiellement l’apanage des parisiens. On notera au passage que les HEC restent moins souvent sur le campus le week-end s’ils ont une voiture.

On constate donc que la faiblesse des transports en commun n’empêche pas toute forme de mobilité à HEC. Plus encore, ce manque de transport peut (paradoxalement) inciter à la mobilité : 22% des sondés ont ainsi passé leur permis à HEC, et 20% sont en train de le passer ! peut-être la pression de l’isolement en a-t-elle motivé certains à s’inscrire à l’auto-école, afin de pouvoir se déplacer plus facilement en voiture… il ne faut cependant pas négliger le facteur temps : beaucoup n’ont pas eu (ou pas pris) le temps de passer le permis avant d’arriver à HEC. Notons tout de même que les parisiens intra muros sont beaucoup moins nombreux à avoir eu le permis avant d’entrer à HEC : peut-être la confrontation avec le manque de transport de Jouy-en-Josas a-t-elle créé chez eux un besoin qu’ils n’avaient pas auparavant.

3. Les voyages et les HEC

Les voyages constituent l’autre face de cette étude de la mobilité à HEC. A l’inverse des trajets du quotidien, les voyages restent des événements exceptionnels, ou du moins beaucoup plus ponctuels. Ils relèvent donc plus de choix réfléchis et ce faisant sont plus révélateurs des goûts de chacun. Pour autant, des contraintes notamment financières et temporelles déterminent nos façons de voyager.

En résumé, les voyages sont le reflet d’une situation économique mais également une « affaire de goûts ».

Ces deux facteurs étant en partie façonnés par le milieu social d’origine, on peut se demander si une population relativement homogène comme celle de HEC est également homogène dans ses habitudes de voyage.

Tout d’abord, un point commun semble unir tous les élèves du campus : 100% des répondants ont mis les pieds dans un pays européen autre que la France. Plus intéressant, 81% des répondants se sont déjà rendus en Amérique du Nord. Ce pourcentage n’est pas franchement étonnant dans la mesure où les États-Unis et le Canada ne passent pas pour des destinations confidentielles, néanmoins cette proportion reste très élevée et vraisemblablement supérieure à la moyenne nationale. Ce chiffre est, de plus, très important compte tenu de la distance et du prix élevé du trajet.

D’une manière plus générale, les taux de visites des continents extra-européens sont relativement élevés, surtout si l’on considère le jeune âge des répondants. De même, la proportion de HEC partant moins d’une fois par an en voyage (16%) est beaucoup plus faible qu’au niveau national (25% ne partent pas en voyage d’après une enquête de la DGE de 2016).

Malgré cette relative homogénéité, on note d’importantes différences dans les habitudes et des nuances dans les opinions des répondants. Ainsi, voyager très fréquemment (à chaque vacances scolaire) reste l’apanage d’une minorité (13%). Enfin, les répondants restent partagés entre la recherche d’exotisme (une personne sur trois) et la découverte d’une autre culture (près d’une personne sur deux), alors que les partisans du chill ne représentent qu’une minorité (5% des répondants).