QPV#22 Stages

Cette enquête a été adressée le 28 août 2019 aux étudiants francophones du programme Grande École. Un grand merci aux 575 votants. Le formulaire-type est disponible ici.

Chiffres clés

  • 60% des répondant n’ayant pas encore fait de stage ont hâte de tenter l’expérience. Les autres 40% sont sur Neurchi de désœuvrement.
  • 53% du panel a approché moins de 5 entreprises pour trouver son dernier stage. Comme quoi la morale « Quali > Quanti » s’applique aussi aux entreprises. Certains y ont même fait leur stage.
  • 15% des répondants ont décroché leur dernier stage grâce à leurs relations personnelles. La chance sourit aux audacieux 😉🍀😉
  • 44% des stages longs sont effectués en finance ou en conseil. Baby shark doo doo doo doo 🦈🦈🦈
  • 16% des stagiaires déclarent avoir utilisé leurs cours d’HEC en stage. On rappelle que ni le Z ni le W ne sont des cours d’HEC ⚠️
  • 93% des sondés se disent favorables à la mise en place d’un système d’apprentissage à HEC. Fun fact : 93 correspond aussi à la Champions League.
  • 82% des répondants n’ayant pas encore effectué leur premier stage ont une idée du secteur dans lequel ils veulent le faire. Tandis qu’à Tecomah, 82% des répondants ont une idée du sécateur avec lequel ils veulent effectuer leur première haie.
  • 90% des stagiaires très occupés se disent satisfaits de leur stage. « Le travail c’est la santé » s’exclamait Henri Salvador.

Résultats

Les résultats interactifs sont accessibles en cliquant ici. Attention il y a deux pages à consulter ! Pour passer de l’une à l’autre, utiliser les flèches en bas de l’écran. Vous pouvez filtrer des résultats pour tester les corrélations : pour ce faire, cliquer sur la catégorie selon laquelle vous souhaiter filtrer (ou même les catégories, avec la touche « ctrl » ou « cmd ») sur un graphique : les autres graphiques se mettent alors à jour.

 

Avant-propos

Avertissement sur la méthodologie générale

Lorsque nous envoyons un sondage ou publions ses résultats, nous recevons souvent des messages de la part de certains de nos lecteurs : encouragements, conseils, remarques. Nous sommes très reconnaissants de l’intérêt que vous portez à la qualité de nos sondages, et souhaitons adresser des remarques récurrentes qui nous sont faites afin d’améliorer la qualité de nos QPV :

Nous devons choisir les questions à soumettre

Le nombre de question doit être très limité pour trois raisons. La première est une contrainte statistique : pour avoir la plus faible marge d’erreur, nous avons besoin d’un grand nombre de répondants ce qui nécessite de devoir garder les sondages à une longueur raisonnable, avec moins de vingt questions (pour ne pas décourager les répondants). La deuxième est une contrainte physique : l’analyse et la rédaction des QPV est longue. Multiplier les questions rend le sondage plus compliqué à expliquer, et aussi à organiser. Ce qui nous amène à la troisième raison : la cohérence. Certaines questions, bien qu’intéressantes, sont souvent éliminées au profit de la cohérence du sondage. Sans ça, répondre au sondage serait moins agréable et l’analyse serait chaotique.

Il en est de même pour les réponses

Dans nos sondages, nombreuses sont les questions à “choix multiples” : plusieurs propositions, une seule réponse. Leur intérêt est de pallier l’impossibilité de traiter les questions “ouvertes” (où chacun peut écrire sa propre réponse), tout en offrant les propositions jugées les plus significatives. Cela nécessite donc de faire des choix, parfois peu pertinents : par exemple dans la question “Dans quel secteur es-tu en stage ?”, la catégorie “Autres” —normalement peu populaire— a recueilli 40% des réponses, témoignant d’un choix de catégories pauvre de notre part. Nous en sommes désolés, ce sont les risques du métier !

Ces choix peuvent biaiser, malgré nous, les résultats

Lors de la rédaction d’un sondage, nous passons de nombreuses heures (littéralement) à nous assurer que la formulation de nos questions et le choix de nos réponses permettent à tout le monde d’exprimer son avis sans être trop contraint par les choix qui lui sont imposés. Ce n’est pas évident de se mettre dans la peau de 700 personnes, et la faiblesse du nombre des membres à QPV le rend un peu moins évident ! Nous nous efforçons de faire de notre mieux ; toute aide est évidemment bienvenue.

Nous sommes également conscients que nos lecteurs font part d’une grande tolérance à notre égard, et nous vous en remercions.

Analyse

Ce QPV était un peu particulier car il comportait deux sections de questions différentes. Suivant la réponse à la question “Avez-vous déjà effectué un stage ?”, le répondant était porté vers la section correspondante. Les sections étaient essentiellement les mêmes : dans la première partie, elles portaient sur l’expérience du dernier stage, et dans la deuxième, elles portaient sur la prospection du prochain stage.

Le but statistique était de comparer ce que souhaitent les HEC à leur arrivée avec le stage qu’ils finissent par faire. Évidemment, la population étudiée n’est pas la même : 60% de ceux n’ayant jamais effectué de stage sont des L3, alors qu’ils ne représentent que 18% des répondants totaux. Néanmoins, la comparaison est intéressante, ne serait-ce que pour voir le changement de mentalité au cours des années scolaires.

 1. Attentes et projections des HEC à l’aube de leur premier stage

22% des répondants n’ont pas encore effectué de stage : il s’agit majoritairement de L3, mais quelques M1 appartiennent aussi à cette catégorie. Comment imaginent-ils leur premier stage ?

Les HEC n’ayant pas encore effectué de stage sont globalement enthousiastes à l’idée d’en faire un : 60% déclarent avoir hâte de commencer leur premier stage. C’est parmi les M1 que l’enthousiasme est le moins fort : 30% n’ont pas hâte d’être stagiaires, contre 7% en moyenne. Ce chiffre se comprend aisément : s’ils étaient plus enthousiastes à l’idée d’effectuer un stage, ils auraient déjà pris le temps d’en faire un depuis leur entrée à HEC il y a maintenant un an.

Tous les répondants n’ont cependant pas les mêmes attentes à l’égard de leur premier stage. Le premier critère qui guidera leur recherche de stage, cité comme le plus important par 40% d’entre eux, est la découverte. Les autres critères viennent plus loin derrière : la référence pour le CV (27%), la cohérence avec le parcours professionnel futur (19%)… Le salaire apparaît comme le dernier critère (5%). Les HEC n’ayant pas encore fait de stage le voient donc comme une expérience de découverte. D’où un certain enthousiasme : ils ont en fait hâte de découvrir un univers inconnu !

Cependant, cette découverte est en fait déjà relativement bien encadrée et cernée. En effet, près de 60% des répondants veulent effectuer leur premier stage dans une grande entreprise – internationale pour 40%, française pour 19% : big is beautiful. Les entreprises de taille intermédiaire et les start-up attirent beaucoup moins. On pourrait y voir une légère contradiction : d’un côté les répondants ne recherchent pas spécialement la référence sur le CV mais plutôt la découverte ; de l’autre, ils veulent faire leur stage dans une grande entreprise, donc dans une institution reconnue qui fait bonne impression sur un CV.

Mais si l’on s’intéresse aux corrélations entre ces deux questions, on s’aperçoit que cette contradiction est en réalité une distinction entre deux profils différents. En effet, les répondants ayant l’intention de sélectionner leur premier stage en fonction de la référence sur le CV sont plus nombreux à vouloir travailler en grande entreprise (83%) ; au contraire, ceux qui prônent la découverte comme critère de sélection ne sont que 40% à viser une grande entreprise – et même 24% à viser une en start-up ! Conclusion : avant même le premier stage, les sharks se distinguent déjà.

La volonté de découverte semble également limitée lorsqu’on s’intéresse à la question du secteur désiré pour le premier stage : seuls 18% des répondants ne savent pas dans quel secteur ils veulent effectuer leur premier stage. La majorité a donc déjà une idée assez précise de ce qu’elle a envie de découvrir !

Concernant l’usage des relations personnelles : la plupart les HEC ne comptent utiliser leurs relations personnelles pour décrocher leur premier stage qu’en ultime recours. On constate donc une certaine répulsion au piston, mais pas totalement non plus : les HEC ont des principes, mais restent pragmatiques. Ainsi, si 43% n’imaginent pas utiliser leurs relations personnelles, ils ne sont que 7% à le faire par principe (« je ne mange pas de ce pain-là ») ; pour 36%, cette décision vient en fait seulement de l’absence de relations intéressantes. On remarque même que parmi les M1 n’ayant pas encore fait de stage, littéralement aucun a déclaré ne pas avoir l’intention d’utiliser ses relations personnelles par principe. La désillusion semble donc venir au fil de la scolarité !

La dernière question adressée au non-stagiaires portait sur l’utilité supposée des cours d’HEC : 42% d’entre eux imaginent que les cours d’HEC ne leur seront pas utiles pour leur premier stage. Notons même que les M1, qui ont une meilleure expérience des cours que les L3 en raison de leur ancienneté dans l’école, sont 56% à les considérer comme inutiles. Reste à vérifier si cette opinion est partagée par les HEC ayant pu tester l’utilité effective des cours en stage !

 

 2. Retour d’expérience des HEC en stage

La majorité de nos répondants (78%) ont déjà effectué un stage : leurs réponses constituent donc un retour d’expérience, qu’il sera intéressant de comparer aux projections des HEC n’ayant pas encore fait de stage. On étudiera d’abord la recherche de stage, avant de se pencher sur l’expérience du stage proprement dire.

1. La recherche de stage.

Premier constat : la recherche ne stage ne semble pas être aussi longue et fastidieuse qu’elle peut paraître – pour une majorité en tout cas. Ainsi, 53% des répondants déclarent avoir approché moins de 5 entreprises pour décrocher leur dernier stage ; seuls 15% ont approché plus de 10 entreprises.

Cette relative facilité à décrocher un stage mérite néanmoins d’être nuancée. En effet, lorsque l’on monte dans l’année de scolarité à HEC (et donc, de facto, lorsque la durée du stage s’allonge), le nombre d’entreprises contactées augmente : si 67% des L3-M1 ont contacté moins de 5 entreprises pour décrocher un stage, ils ne sont plus que 43% dans cette situation en VM-M2. Peut-être les étudiants les plus âgés visent-ils des postes plus convoités ; peut-être également les stages longs sont-ils plus difficiles à décrocher que les stages courts. Notons également que parmi ceux ayant décroché un stage dès le premier rendez-vous, 34% sont pistonnés (contre 15% en moyenne).

Cependant, la facilité à décrocher un stage n’est pas entièrement due à l’usage des relations personnelles, puisque 61% des répondants déclarent n’avoir pas du tout utiliser leur cercle de relations pour décrocher leur stage. On remarque ici une grande cohérence avec les projections des HEC n’ayant pas encore effectué de stage : 15% des stagiaires étaient pistonnés, de même que 15% des non-stagiaires ont avoué leur passion piston ; on constate de plus le même usage pragmatique des principes vertueux (utiliser ses relations, mais pas trop : juste pour candidater ici pour 23%).

La même continuité entre projections des HEC avant leur stage et réalisation des HEC en stage s’observe pour les critères de recherche de stage. En effet, la découverte est citée comme principal critère de sélection par 41% des étudiants ayant déjà effectué un stage, comme elle l’était par 40% des étudiants n’ayant jamais fait de stage. Cependant, la cohérence avec le parcours professionnel prend davantage d’importance (27%, contre 19%) : peut-être car les HEC ayant déjà fait un stage sont en moyenne plus âgés que ceux n’en ayant pas encore fait, et ont donc on une idée plus précise de leur parcours professionnel qu’ils prennent davantage en considération.

Enfin, les moyens utilisés au cours de la recherche de stage révèlent la prépondérance de deux canaux de recherche. Le Career Center occupe la première place : il est à la fois le plus utilisé (par 66% des répondants, et le plus utile (jugé comme tel par 44%). Rendons-lui donc hommage ! Vient ensuite la technique des CV déposés directement, utilisée par 52% d’entre vous, avec succès par 39%. Il peut être intéressant de regarder le ratio d’efficacité des différents moyens (c’est-à-dire, la proportion de personnes satisfaites du moyen parmi celles l’ayant utilisé) : le réseau Alumni/VM apparaît alors comme le meilleur moyen (81,5% de satisfaction).

2. La stagiaire-vie.

  • Stages courts Vs. stages longs

Le sondage met en évidence deux types de stage : le stage « court » (mois de quatre mois, généralement à la fin de la L3) et le stage « long » (plus de quatre mois, effectué en césure).

Les grandes structures sont plus populaires en stage de césure : les grands groupes internationaux et français représentent près de la moitié des stages longs contre 40% des stages courts. Inversement les stages en start up sont un peu plus fréquents en L3. On constate dans les deux cas que la part d’étudiants effectuant effectivement un stage en grande entreprise est bien moindre que la part des HEC projetant d’y faire leur premier stage (45%, contre 59%).

Cette prépondérance des grandes structures s’explique peut-être par la place de la finance et du conseil, deux fois plus populaires en césure qu’en L3 (44% des stages longs contre 21% des stages courts)… à moins que ce ne soit l’attrait pour les grands groupes qui explique l’importance de ces deux secteurs. Qui de l’oeuf ou la poule est responsable ? La question reste ouverte.

L’oisiveté, pour ne pas dire l’ennui, semble également plus fréquente en L3 qu’en césure : 22% des stages courts contre 10% des stages longs sont concernés.

Sans grande surprise, d’autres chiffres semblent indiquer que le stage court est à la fois moins exigent, moins stimulant intellectuellement et moins rémunéré que le stage de césure.

Toutefois, il ne s’agit là que d’une analyse comparative et il faut souligner qu’en dépit de ce tableau plutôt négatif, plus de 60% des personnes ayant effectué un stage court en ont tiré une certaine satisfaction. La durée du stage ne semble donc pas tout expliquer.

  • Les facteurs de satisfaction

Paradoxalement (ou pas), cette dernière semble avant tout corrélée avec le niveau d’occupation : 68% des stagiaires plutôt satisfaits se disent occupés voire très occupés, contre 25% pour les plus mécontents. Plus marquant encore : 90% des très occupés se disent satisfaits de leur stage ! « Travailler pour être heureux » donc …

L’argent se cache-t-il derrière cette corrélation entre travail et satisfaction ? Même s’il est vrai que les stagiaires les moins rémunérés sont plus insatisfaits que la moyenne, il faut noter que ces stages sont aussi les plus courts, les moins exigeants et ont souvent eu lieu en L3 voire avant HEC.

Si l’on étudie uniquement les stages de six mois et plus, il est difficile d’établir une réelle corrélation entre satisfaction et rémunération, celle-ci étant surtout révélatrice de la qualité du poste …

En revanche, il semblerait que les stagiaires plutôt satisfaits soient moins enclins au HEC-bashing : seuls 17% d’entre eux n’ont eu aucune utilité de leurs cours contre 34% des autres. Dans tous les cas, ce chiffre reste supérieur aux 12% seulement d’étudiants n’ayant pas encore fait de stage, qui imaginent que les cours ne leur seront d’aucune utilité pour leur premier stage.

Par ailleurs, s’il est vrai que les stagiaires ayant utilisé leurs cours sont une minorité (moins de 20%), il est un secteur qui fait exemption à cette règle : la finance. La moitié des personnes ayant trouvé les cours utiles ont effectués un stage en banque ou en finance alors que ces secteurs ne représentent que 24% des stagiaires !

Ces admirateurs inattendus du savoir font également partie de l’aristocratie des stagiaires : la moitié des personnes touchant plus de 2000€ travaillent dans la finance ou la banque. You better work bitch

 

 3. Vision générale des stages à HEC

Les deux dernières questions du sondage d’adressaient à tous les répondants, qu’ils aient déjà effectué un stage ou non. Les réponses suggèrent que la formation professionnelle à HEC pourrait être améliorée.

En effet, 93% des répondants se disent favorables à la mise en place d’un système d’apprentissage. Au-delà même d’être favorables, plus de la moitié seraient intéressés par un tel programme. Notons également que les répondants ayant déjà effectué un stage sont plus intéressés par l’apprentissage à HEC que ceux n’ayant encore jamais fait de stage. Peut-être l’expérience du stage fait-elle prendre conscience de l’utilité de la pratique professionnelle, jusqu’à donner envie de l’intégrer au parcours académique au même niveau que les cours.

Quant à l’idée d’un stage ouvrier obligatoire, elle séduirait plus de 70% du panel. Pour les autres, leur réticence ne semble pas s’expliquer par une mauvaise expérience passée puisque seuls 5% des répondants indiquent un rejet motivé par une expérience négative dans un petit boulot.